12 décembre 2008
![]() Économie Affaire Madoff La liste des floués s'allongeMise à jour le lundi 15 décembre 2008 à 23 h 10
La liste des institutions financières qui ont confié des fonds à Bernard Madoff, accusé d'une fraude de 50 milliards de dollars, ne cesse de s'allonger. La banque française Natixis et la britannique Royal Bank of Scotland, par exemple, ont annoncé, lundi, qu'elles avaient perdu de l'argent géré par Madoff. Natixis annonce une exposition indirecte d'un montant maximum de 450 millions d'euros (750 millions de dollars), tandis que la Royal Bank of Scotland estime sa perte potentielle à environ 400 millions de livres (740 millions de dollars). Bernard L. Madoff1938: Naissance à New York, dans une famille juive Madoff ratissait large. Des banques et fonds d'investissement des États-Unis, de l'Espagne, de la France, de l'Italie, du Japon, de la Scandinavie et de la Suisse ont été floués. Bernard Madoff, libéré contre une caution de 10 millions de dollars américains, a été inculpé jeudi pour avoir organisé une fraude géante en passant par sa société de conseil en investissements. La méthode? Un « montage Ponzi », structure pyramidale où les investisseurs arrivés en premier sont rémunérés avec l'argent versé par les investisseurs les plus récents, avec promesse de rendements anormalement élevés. Des centaines de personnes auraient investi indirectement dans cette affaire, comme le montre une liste provisoire qui reprend des informations publiées par la presse internationale et compilée par le New York Times. Les principaux intéressés sont (en dollars américains):
Voir la liste complète (en anglais) De la BNP Paribas aux Mets de New York Parmi les autres institutions figure la banque française BNP Paribas. Elle a annoncé dimanche soir qu'elle estimait à 350 millions d'euros la perte potentielle liée à cette affaire. Norman Braman, l'ancien propriétaire des Eagles de Philadelphie, aurait aussi investi dans les fonds de Bernard Madoff, tout comme le propriétaire de l'équipe de baseball des Mets de New York, Fred Wilpon. Les institutions financières suisses seraient plusieurs à avoir confié de l'argent au financier de Wall Street: la genevoise Benedict Hentsch, la Neue Privat Bank, la banque privée Reichmuth & Co, l'Union Bancaire Privée, les groupes EIM Group et Notz, Stucki & Cie. Au total, le quotidien Le Temps évalue les pertes possibles des banques suisses à plus de 5 milliards de dollars. Cette affaire a des ramifications jusqu'au Japon, où la financière Nomura Holdings estime qu'elle pourrait perdre 27,5 milliards de yens (302 millions de dollars américains). La société estime qu'il s'agit d'un impact somme toute limité, par rapport aux actifs qu'elle gère. Au Canada, la Caisse de dépôt et placement du Québec, la Banque nationale, le Régime de retraite des enseignants de l'Ontario (Teachers) et le Mouvement Desjardins ont confirmé qu'ils n'avaient aucun investissement dans les fonds Madoff. Seule la Banque Royale a trouvé une cinquantaine de millions investis chez Madoff par des clients privés. Une porte-parole de RBC a qualifié de « minime » l'impact potentiel de l'affaire Madoff sur les clients touchés. Des soupçons dès 1999
La liste des floués s'allongera sans doute encore au fil de l'enquête, ne serait-ce qu'en Italie, où l'autorité boursière italienne, la Consob, a lancé une enquête dimanche. Pourtant, les résultats des fonds gérés par Bernard Madoff suscitaient des doutes depuis plusieurs années. En 1999, un courtier d'une entreprise concurrente, Harry Markopolos, a envoyé une lettre à la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme financier américain. Il qualifiait ces fonds de « plus grand montage Ponzi du monde », selon des documents obtenus par le Wall Street Journal. Une division de la SEC avait ouvert une enquête en 2007, mais elle n'a pas débouché sur des mises en accusation. La SEC a rouvert l'enquête jeudi dernier, mais l'objet de l'enquête de 2007 reste flou, tout comme les raisons de sa fermeture. Plusieurs médias ont aussi soulevé des doutes au fil des ans. Des articles auxquels M. Madoff répondait en affirmant que ses résultats étaient vérifiés et que ses opérations étaient trop compliquées pour les non-initiés. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse, The New York Times, Reuters et The Wall Street Journal
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