23 novembre 2008
![]() Économie Ralentissement économique Ottawa n'a pas de planMise à jour le lundi 24 novembre 2008 à 18 h 15
Le ministre fédéral des Finances du Canada, Jim Flaherty, estime que le pays connaîtra une récession au début de l'an prochain. Mais, même si les conditions économiques se détériorent, il a déclaré qu'il n'avait pas l'intention pour autant d'annoncer un plan de relance, jeudi, quand il fera le point sur l'état de l'économie canadienne. M. Flaherty a précisé, lundi, dans une allocution devant le Conseil canadien pour les partenariats public-privé, que si son gouvernement mettait en place des mesures de soutien pour les secteurs en crise, elles ne seraient pas annoncées avant le prochain budget, en mars. Il a expliqué qu'il n'était pas nécessaire d'agir immédiatement parce que son gouvernement avait déjà annoncé des baisses d'impôts pour prévenir un ralentissement économique. Le Canada se dirige vers ce ralentissement économique dans la meilleure position des pays industrialisés. Nous avons été prudents et responsables en remboursant 37 milliards de dollars de dette. Notre crédit est le meilleur au monde, nous sommes dans une bonne position pour agir s'il le faut. — Jim Flaherty Le ministre a ajouté que le gouvernement était en train d'élaborer des projets d'infrastructure qui pourraient débuter immédiatement. Par ailleurs, le ministre des Finances a précisé qu'il aidera l'industrie de l'automobile, victime de la crise financière, que si leur plan de survie est crédible. Il n'est pas question de gaspiller l'argent des contribuables. Le plan du Bloc Le Bloc québécois, lui, a bien reçu les demandes du premier ministre Stephen Harper, qui attendait des suggestions de l'opposition pour relancer l'économie. Le plan de relance du Bloc prévoit l'injection de 23 milliards de dollars pour les deux prochaines années. Ce plan se base sur un surplus budgétaire de 3,8 milliards cette année, et un déficit de 1 milliard de dollars l'an prochain. Selon les prévisions du Bloc, le gouvernement pourrait ensuite miser sur des surplus budgétaires dès 2010-2011. Concrètement, le Bloc propose d'abolir le délai de pénalité de deux semaines pour les nouveaux chômeurs qui attendent leurs prestations. Il propose aussi de créer un fonds qui verserait 20 ¢ aux entreprises pour chaque dollar investi dans l'achat de matériel de production. Enfin, le parti souverainiste souhaite la création d'un fonds de développement du logement abordable, une hausse du supplément de revenu garanti pour les aînés, un programme de remise de 4000 $ pour l'achat d'une voiture verte et un fonds pour la rénovation écoénergétique des maisons. Pour financer son plan, le Bloc propose de piger dans les actifs financiers du gouvernement et de diminuer les dépenses des ministères. Il suggère aussi de mettre fin aux paradis fiscaux et privilèges des pétrolières. Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a déclaré, dimanche, que l'actuel ralentissement de la croissance économique pourrait se traduire par une diminution du produit intérieur brut (PIB) cet hiver et le printemps prochain, et que le pays pourrait entrer en récession technique pour le dernier trimestre de cette année et pour le premier trimestre de l'an prochain. L'opposition dénonce les lunettes roses des conservateurs Aux Communes lundi, les députés de l'opposition ont demandé au premier ministre Harper de cesser d'embellir la situation économique du pays en parlant de récession « technique » à la fin de l'année ou au début de 2009. Pendant la période de questions, le porte-parole libéral en matière économique, John McCallum, a déclaré que M. Harper savait qu'un rapport du directeur parlementaire du budget, Kevin Page, entrevoyait un déficit, ce que le premier ministre niait en campagne électorale. La semaine dernière, M. Page affirmait qu'à moins d'un revirement de situation, le directeur parlementaire du budget prévoyait un déficit d'environ 4 milliards de dollars pour l'année financière débutant le 1er avril prochain. En 2010-2011, il parlait d'un déficit d'au moins 1,4 milliard. « Pourquoi le premier ministre insiste-t-il pour parler de récession technique? Croit-il qu'une récession technique fait moins peur? », a demandé M. McCallum. « Est-ce qu'il pense que les travailleurs mis à pied doivent être plus heureux parce qu'ils ne sont que techniquement mis à pied? » Répondant au nom du gouvernement, Ted Menzies, secrétaire parlementaire du ministre Flaherty, a dit que le ministre des Finances britannique avait décidé lundi de réduire la taxe de vente. « C'est exactement ce que le gouvernement conservateur a fait, il y a un an », a-t-il dit, en ridiculisant les libéraux qui proposent une nouvelle taxe sur le carbone en pleine incertitude économique. Le chef néo-démocrate Jack Layton, lui, a demandé au gouvernement de faire quelque chose pour protéger les épargnes et les pensions des Canadiens, affectées par la crise financière. Et reprenant le questionnement de son collègue libéral, il a demandé « quelle est la différence dans l'esprit du premier ministre entre une récession technique et une récession régulière, et en particulier si ça fait une différence pour le travailleur qui essaie de s'en sortir dans l'économie réelle? Ce n'est pas technique, c'est tragique », a-t-il dit. Radio-Canada.ca avec Presse canadienne Chiffre du jourLes propriétaires de cinémas du pays ont vu leurs revenus augmenter légèrement à 1,6 milliard de dollars en 2010. Dossiers en profondeur
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