La Caisse de dépôt et placement du Québec assure qu'elle n'éprouve aucun problème de liquidités, malgré le contexte actuel. L'ADQ et le PQ accusent Jean Charest de cacher l'état de la situation.
La Caisse de dépôt et placement du Québec n'éprouve aucun problème de liquidités. C'est du moins ce qu'a affirmé le vice-président Groupe immobilier de la Caisse lors d'un point de presse tenu vendredi en fin d'après-midi.
Fernand Perreault, qui remplace le président Richard Guay, a précisé que l'organisme « dispose de liquidités » qui lui permettent de faire face à toutes ses obligations. Son niveau de capital est de 20 milliards de dollars. Il s'agit d'un record pour la Caisse. De plus, il a précisé que les dépôts sont supérieurs aux retraits.
Le président du conseil d'administration de la Caisse, Pierre Brunet, a assuré que Richard Guay sera de retour à son poste à la mi-décembre. Celui-ci a été mis au repos pour une période d'un mois par son médecin.
Refusant de dévoiler des chiffres, il a rappelé qu'un rapport sera publié en février prochain, comme prévu. Enfin, se voulant rassurant, il a dit que la présente crise financière n'est pas la première, même si la Caisse évolue dans un contexte financier difficile.
Pas d'ingérence politique, affirme la Caisse
Devant les questions insistantes des journalistes, M. Brunet a affirmé que la ministre des Finances ne lui avait pas expressément demandé de tenir cette conférence de presse, présentée un vendredi à 16 h.
Au fil de ses réponses, il a toutefois précisé que les communications étaient constantes avec le gouvernement du Québec, et plus particulièrement Monique Jérôme-Forget. Et d'admettre que, lors d'une conversation, il avait été convenu qu'il valait mieux que la Caisse s'explique publiquement. D'autre part, il s'est refusé à tout commentaire sur le plan politique.
L'opposition saisit la balle au bond
Du côté politique, Pauline Marois estime que cette conférence ne donnait pas d'informations. « Nous assistons, de mon point de vue, à une opération de camouflage de la part de Jean Charest. Il a sûrement demandé à la Caisse de sortir aujourd'hui. Mais la Caisse ne dit rien, alors que son président dit, lui, que tous les mois, la ministre des Finances est informée de la situation de la Caisse », a-t-elle déclaré.
Elle ajoute que le premier ministre sortant doit être « transparent » et dévoiler les données dont il dispose à ce sujet.
Quant à Mario Dumont, il estime que son adversaire libéral « veut utiliser les dirigeants de la Caisse, les envoyer au front, pour le sortir du pétrin politique et pour ne pas répondre de ses actes ».
Il estime aussi que le premier ministre sortant « ne veut pas que les gens se rendent compte que cela a été géré en spéculateur, autant il ne veut pas que les gens découvrent les mauvaises surprises que ça pourrait entraîner dans leur vie personnelle et dans leur portefeuille ».
De son côté, Jean Charest a nié toute ingérence dans la décision de la Caisse de rencontrer la presse: « Je ne suis vraiment pas maître des communications de la Caisse de dépôt et placement du Québec. C'est à leur initiative ».