5 septembre 2008
![]() Économie Caisse de dépôt Repos forcé pour le présidentMise à jour le jeudi 20 novembre 2008 à 22 h 26
Nommé à la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec le 5 septembre dernier par la ministre des Finances, Richard Guay doit maintenant se reposer. Une note interne envoyée aux employés de la Caisse confirme ce qu'un quotidien montréalais annonçait jeudi matin. Richard Guay, 47 ans, a été mis au repos pour un mois par son médecin. À sa demande, c'est Fernand Perreault, premier vice-président, groupe Immobilier, qui prend la relève et assure la coordination des affaires courantes et du plan d'affaires de la Caisse durant sa période de repos. La note de la Caisse précise que « M. Perreault et les autres membres de l'équipe de direction poursuivent l'avancement des dossiers en cours et prennent les décisions qu'exige le contexte actuel des marchés. M. Perreault préside également les réunions du comité de direction ». M. Guay a quitté la caisse le 12 novembre et devrait être de retour à son poste le 10 décembre prochain. La Caisse gère les économies des Québécois, d'une valeur de 150 milliards de dollars. Nommé à la présidence de la Caisse par Monique Jérôme-Forget au début du mois de septembre, Richard Guay occupait déjà les fonctions de président et chef de la direction par intérim de l'institution depuis le départ de Henri-Paul Rousseau pour le groupe Power en mai dernier. Des réactions différentes
Interrogés par les journalistes, les politiciens ne sont pas unanimes. Le premier ministre, Jean Charest, dit qu'il n'y a pas à s'inquiéter. « La Caisse de dépôt, c'est une très grande institution qui a une longue histoire, qui a des racines très profondes et qui va fonctionner peu importe les circonstances. Ce n'est pas l'affaire d'une seule personne au contraire. C'est une grande institution qui est forte et qui va fonctionner comme il faut » a déclaré M. Charest. La chef du Parti québécois, Pauline Marois, n'est pas du même avis. « Je ne voudrais pas que ça ait un impact parce que déjà la Caisse de dépôt est aux prises avec de très gros problèmes, j'en suis persuadée. Ça a commencé par les papiers commerciaux adossés à des actifs. Maintenant, c'est la chute des marchés boursiers. J'espère que cette mise au repos du PDG de la Caisse n'aura pas d'impact parce que ce serait malheureux pour nous, mais ce n'est pas une bonne nouvelle, on va en convenir », a-t-elle dit.
Le porte-parole de l'ADQ en matière de finances, Gilles Taillon, a indiqué ne pas vouloir s'étendre sur le sujet, mais a dénoncé ce qu'il appelle le « manque de transparence » de la Caisse et le « climat de suspicion » qui l'entoure. « Notre intérêt, c'est d'avoir le bulletin de santé de la Caisse, nous insistons là-dessus, et non le bulletin de santé de ses dirigeants », a-t-il dit. Il interpelle donc la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, pour qu'elle donne le portrait de la situation financière de la Caisse. « La responsabilité de la Caisse de dépôt, la ministre des Finances ne peut pas s'en distancer. Elle est la ministre de tutelle. Cela lui appartient de nous répondre », a-t-il ajouté. Rappelons que, depuis quelques semaines, l'ADQ estime que la Caisse a perdu 30 milliards cette année en raison de la crise financière. Des postes abolis Par ailleurs, la Caisse supprime 10 postes affectés aux marchés boursiers internationaux. La Caisse explique que le rendement réalisé ne justifiait pas les coûts et les efforts déployés dans ce secteur. Elle affirme aussi que la décision découle d'une évaluation qui a été faite durant plusieurs années et qu'elle n'a rien à voir avec la crise financière actuelle. La Caisse affirme enfin que les personnes mises en disponibilité pourraient se voir offrir un autre emploi au sein de la Caisse. Chiffre du jourLes propriétaires de cinémas du pays ont vu leurs revenus augmenter légèrement à 1,6 milliard de dollars en 2010. Dossiers en profondeur
|