L'humeur dans les talons

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse, Associated Press et Reuters
Un courtier à la bourse de Berlin   © AFP/THOMAS LOHNES

Difficile de suivre l'état d'esprit des marchés financiers. La seule constance de la journée de mercredi aura été la nervosité. Toute la journée, les courtiers auront poussé soupirs, vécu espoirs et déceptions.

L'intervention des banques centrales et l'injection de milliards de fonds publics dans le système financier ne rassurent pas les marchés, tandis que le secrétaire américain au Trésor prévoit d'autres faillites.

Les indices des parquets de Toronto et de New York ont valsé toute la journée de mercredi entre pertes et gains.

À la clôture, soulagement à la Bourse de Toronto, qui a mis fin à une séquence de cinq séances consécutives de pertes. Le TSX a gagné 225 points une hausse de 2,3 %.

À New York, par contre, la valse s'est terminée sur une note négative, pour la sixième fois consécutive. Les gains des derniers instants de la séance se sont subitement évanouis et la moyenne Dow Jones des valeurs industrielles a reculé de 189 points, à 9258 points, perdant 2 %. L'indice composite du Nasdaq a cédé 14 points à 1740 points, perdant 0,83 % et le S&P 500 a abandonné 11 points à 984,94 points, soit 1,13 %.

Encore en hausse, une vingtaine de minutes seulement avant la clôture, Wall Street aura finalement cédé à la nervosité en fin de séance.

Il faut dire que le chef d'orchestre du programme américain de sauvetage des banques, le secrétaire américain au Trésor, Henry Paulson, venait de déclarer à New York que d'autres faillites d'institutions financières étaient à prévoir aux États-Unis, pas de quoi rassurer les marchés.

Nervosité en Europe et en Asie

Plus tôt, les grandes places boursières européennes terminaient une autre journée houleuse avec des pertes considérables.

La nervosité presque palpable des marchés montrait éloquemment l'échec, jusqu'ici, des pouvoirs publics à rassurer les investisseurs et à insuffler de l'optimisme sur un marché soucieux de sauver les meubles.

Les marchés financiers plongent, depuis quelques jours, à des niveaux inexplorés en plus de 20 ans, en dépit de plans pour sauver le secteur financier, comme l'annonce du gouvernement britannique de nationaliser, en partie, huit des principales banques du pays, un plan évalué à environ 484 milliards de dollars.

Des mesures inutiles dans le contexte actuel, selon le courtier Hiroichi Nishi, de la maison Nikko Cordial. « C'est comme insuffler du sang dans un coeur alors que les artères fuient de toutes parts. »

De Hong Kong à Paris, de Singapour à Francfort, les investisseurs ont délaissé leurs titres craignant que les interventions des gouvernements ne parviennent à stopper la pire crise financière depuis la Grande Dépression.

Le CAC 40, l'indice phare de la Bourse de Paris, a même été suspendu pendant quelques minutes en raison de la trop grande quantité d'ordres de vente. Il a clôturé la séance sur un recul de 6,31 %. Berlin et Londres, eux aussi malmenés tout au long de la journée, ont mis fin aux transactions avec des reculs respectifs de 5,88 % et 5,18 %.

La Russie a, elle aussi, mis fin aux transactions lorsque les reculs boursiers ont dépassé plus de 11 %.

À Tokyo, l'indice Nikkei a chuté de 9,38 %, du jamais vu depuis le lundi noir de l'automne 1987 à New York. À Hong Kong, le Hang Seng enregistre, lui, une baisse de 8,2 %, soit son niveau le plus bas en 2 ans.

En Indonésie, les autorités ont suspendu les transactions, après avoir enregistré une perte de plus de 10 %.

Les places financières du Golfe sont également touchées. La descente aux enfers des marchés boursiers des richissimes monarchies pétrolières s'est là aussi accélérée. Les tentatives des autorités de certains de ces pays de rassurer les investisseurs n'ont pas eu l'effet escompté. Baisse de 10 % à Dubaï, de 9 % en Arabie saoudite ainsi qu'au Qatar.