Mardi 14 février 2012 4 h 29 HNE
![]() Économie En profondeur
Journaliste:Florent Daudens Mise à jour le vendredi 28 novembre 2008 à 19 h 11 L'immobilier s'effondreL'actuelle crise financière tient ses racines d'une précédente: l'éclatement de la bulle Internet. Après cinq ans de ruée vers les actions des entreprises technologiques, la valeur en bourse de celles-ci a chuté entre 2000 et 2001. En effet, plusieurs jeunes pousses du secteur ne livraient pas les profits espérés et la Réserve centrale américaine (Fed) avait relevé ses taux d'intérêt (jusqu'à 6,5 %) pour freiner une économie en surchauffe. Mais l'éclatement de cette bulle a frappé toute l'économie de plein fouet. Si bien que la Fed a fait machine arrière, abaissant son taux directeur jusqu'à 1 % pour lutter contre la récession. Le taux directeur influe sur les taux d'intérêt des prêts que les banques accordent à leurs clients, un faible taux favorisant l'octroi de prêts. Le gouvernement américain a aussi renforcé sa politique favorisant l'accès à la propriété immobilière pour tous ses citoyens. Dans la foulée, les banques et autres acteurs financiers ont ouvert les vannes des prêts pour les ménages, sans égard à leur revenu. Encouragées par une hausse continue du marché de l'immobilier, ces institutions prenaient comme garantie le bien acquis à crédit, soit une maison, plutôt que de se baser sur la capacité de remboursement de l'emprunteur.
Pour les ménages à faibles revenus, les prêts étaient à des taux « subprime », c'est à dire moins avantageux que les taux normaux, en raison des garanties moindres que ces ménages pouvaient avancer. Les prêts hypothécaires à des taux « subprime » représentent 12 % de toutes les hypothèques, soit 1200 milliards de dollars américains. Ajoutons à cela que les prêts étaient rechargeables, ce qui permettait aux ménages de s'endetter de nouveau en fonction de la hausse de la valeur du bien acheté. De nombreux prêts ont aussi été accordés à taux variable, ce qui a eu pour effet d'augmenter les montants de remboursement au fur et à mesure de la hausse du taux d'emprunt de la Réserve fédérale américaine. En effet, la Fed veille sur l'inflation et la croissance américaine. Devant plusieurs signaux économiques, elle a relevé ses taux, qui sont passés de 1 % en 2004 à plus de 5 % en 2006.
Le marché immobilier s'est aussi essoufflé, réagissant aux tensions entre l'offre et la demande, en l'occurrence l'offre de maisons disponibles et le nombre d'acheteurs potentiels. Résultat, la valeur des maisons est devenue inférieure aux emprunts qui ont servi à l'acheter, menaçant ainsi la garantie de paiement prise par la banque. Sous la pression de ces effets cumulés, de plus en plus de ménages n'ont plus été en mesure de rembourser leur hypothèque. Comme on le verra, même avec un taux de défaut de paiement supérieur à 20 % pour les prêts « subprime », les ménages américains ne constituent pas la seule raison de la crise financière actuelle. |