Forte reprise à Wall Street

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse
Les indices boursiers de Wall Street   © AFP/Getty Images North America

Les grandes bourses nord-américaines ont repris de la vigueur, mardi, lors d'une séance très attendue par l'ensemble du secteur financier mondial. Les principaux indices de la Bourse de New York ont même connu leur meilleure journée en six ans.

Comme pour refléter l'espoir qu'une entente soit conclue au Congrès sur le plan de sauvetage des banques américaines, les indices boursiers de New York et Toronto clôturent en forte hausse.

Cette envolée suivait une déclaration du président Bush, qui a été incapable jusqu'ici de convaincre une majorité de parlementaires de donner le feu vert au plan de sauvetage des banques présenté par son administration.

Lors de ce second point de presse matinal en deux jours, le président américain a déclaré que le rejet de la première mouture du plan de sauvetage ne signifiait nullement la fin des efforts pour son adoption.

Le président Bush s'adressant au peuple américain. Le président Bush s'adressant au peuple américain.   © PC/AP Photo/Charles Dharapak

« La réalité, c'est que nous sommes dans une situation d'urgence et que les conséquences de cette situation vont empirer chaque jour davantage si nous n'agissons pas rapidement », a aussi estimé le président Bush.

Lundi, dans les minutes qui ont suivi l'annonce du rejet du plan de sauvetage par Washington, les indices américains se sont littéralement effondrés.

L'administration Bush fait actuellement face à une intense pression, la plupart des observateurs craignant que l'ensemble de l'économie américaine ne sombre dans une grande récession si l'on ne parvient pas à rapidement aller de l'avant avec un plan de sauvetage du secteur financier.

L'Union européenne, qui craint pour sa part d'être contaminée par la crise américaine, a appelé, mardi, les États-Unis à « prendre leurs responsabilités » et à trouver un plan de sauvetage viable et acceptable.

Toujours mardi, les gouvernements français, belge et luxembourgeois ont volé au secours du bancassureur Dexia, en injectant quelque 6,4 milliards d'euros pour soutenir le groupe et éviter que la tempête financière ne fasse une seconde victime en Europe.

Reprise à Wall Street

Le Dow Jones, le NASDAQ et le Standard & Poor's 500, ainsi que le TSX à Toronto, ont enregistré tous les quatre des gains de 4 à 5 %, clôturant en forte hausse.

Plus tôt, en Asie et en Europe, les marchés réagissaient avec une relative sérénité au rejet, la veille, du plan de sauvetage des banques par les parlementaires américains.

En effet, si le principal indice japonais, le Nikkei, a fléchi de plus de 4 % au terme d'une séance difficile, la plupart des autres bourses asiatiques, à l'instar des européennes, ont été en mesure de conserver, à peu de chose près, la tête hors de l'eau.

À Hong Kong, le Hang Seng a plongé en cours de séance de plus de 6 % pour finalement terminer la journée sur une progression de 0,8 %.

En Europe, après avoir montré des signes de fléchissement en ouverture de séance, les trois principaux indices du Vieux Continent, le français CAC40, le Dax allemand et le FTSE britannique ont enregistré des hausses d'un peu moins de 2 %.

Les banques centrales à l'oeuvre

Et pendant ce temps, les banques centrales ont continué, mardi, à injecter des milliards de dollars en liquidités sur les marchés afin d'éviter un grippage généralisé des transactions.

Les banques centrales servent de plus en plus souvent, ces jours-ci, de refuges aux banques privées qui, dans le contexte actuel, refusent de se prêter de l'argent entre elles. Le 29 septembre seulement, les banques ont emprunté à la seule Banque centrale européenne quelque 15,5 milliards de dollars, comparativement à 6,8 milliards un jours plus tôt.

Des spécialistes estiment d'ailleurs que, dans ce contexte, il est fort possible que les banques centrales doivent très prochainement changer de tactique et abaisser leurs taux directeurs pour revitaliser l'économie mondiale.

Et au Canada

La situation n'est pas différente au pays. C'est pour cette raison que la Banque du Canada a annoncé, pour mercredi, une prise en pension, c'est-à-dire un prêt, de 4 milliards de dollars assortie d'une échéance de 28 jours.

La Banque du Canada tente donc encore une fois de répondre aux besoins des institutions financières, malgré la remontée des indices boursiers, parce que le marché du crédit éprouve toujours un manque criant de liquidités.

Les banques éprouvent de plus en plus de difficulté à trouver des liquidités ailleurs qu'auprès de la Banque du Canada, puisque le taux d'intérêt qui s'applique aux prêts entre les banques elles-mêmes est très élevé.

Ces taux interbancaires ont bondi de plus de 4 % en une seule journée, et frôlent maintenant les 7 %.

La Banque centrale a aussi annoncé la vente de bons du Trésor d'une valeur totale de 4 milliards de dollars, afin de soulager les marchés du crédit.