Implosion des discussions

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et La Presse Canadienne
Les candidats à la présidentielle étaient à Washington pour discuter du plan de sauvetage de l'économie. Les candidats à la présidentielle étaient à Washington pour discuter du plan de sauvetage de l'économie.   © AFP/TIM SLOAN

Les candidats à la présidentielle américaine John McCain et Barack Obama n'ont fait aucun commentaire sur le contenu de leur rencontre, jeudi, avec le président George W. Bush.

Après l'annonce d'une entente de principe au Congrès, la rencontre entre les équipes républicaines et démocrates à la Maison-Blanche semble n'avoir mené à rien.

Les trois hommes s'étaient retrouvés pour discuter du plan de sauvetage de 700 milliards de dollars destiné à venir en aide aux institutions engluées dans la crise financière actuelle.

En entrevue au réseau CNN en début de soirée, jeudi, Barack Obama, sans donner de détails sur le contenu de la rencontre, a déclaré qu'il avait fait valoir ses points et qu'une entente finira par être conclue. « Beaucoup de travail peut être accompli quand nous sommes loin des caméras et que personne ne cherche à s'attribuer le mérite d'un éventuel succès », a-t-il dit.

Le candidat républicain a quant à lui reconnu qu'il n'y avvait pas d'entente, mais a ajouté qu'il demeurait optimiste.

De son côté, le sénateur républicain Richard Shelby a semé l'émoi en déclarant, à la sortie de la rencontre: « Je ne crois pas que nous ayons un accord ».

Pour sa part, un porte-parole de la majorité démocrate du Sénat a déclaré qu'un grand nombre de questions restaient à régler avant que le plan de sauvetage ne soit approuvé.

Entente au Congrès

Dans la matinée, les négociateurs du Sénat et de la Chambre des représentants se sont entendus sur les grandes lignes d'un plan de sauvetage du système financier, a déclaré le président de la commission bancaire du Sénat américain, Christopher Dodd.

M. Dodd, sénateur démocrate du Connecticut, a déclaré à l'issue d'une matinée de discussions avec des représentants des deux assemblées que le Congrès pourrait à son avis passer « dans les prochains jours » à l'adoption d'un projet de loi.

Il n'a donné aucune précision sur les principaux points de divergences au centre des discussions.

Les démocrates posent leurs conditions

Plus tôt dans la journée, la Maison-Blanche donnait son accord aux quatre principes de base des modifications que les démocrates réclamaient au plan de sauvetage financier.

La présidente des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a rappelé les principes démocrates en annonçant l'accord de la Maison-Blanche:

  • l'indulgence (envers les propriétaires immobiliers insolvables)
  • la transparence
  • l'équité
  • les indemnités des dirigeants

Le plan de la Maison-Blanche coûterait 700 milliards de dollars américains et s'étalerait sur deux ans. Il permettrait au Trésor américain de racheter les mauvaises créances, titres douteux et crédits hypothécaires. Ceux-ci seraient conservés jusqu'à ce qu'ils puissent être revendus, lorsque le marché sera stabilisé.

Les démocrates voudraient aussi réduire le montant total du plan de sauvetage et ne lui consacrer que 150 à 200 milliards de dollars, du moins dans un premier temps.

Les deux candidats à la présidentielle se pencheront aussi sur la crise en répondant à l'invitation de George W. Bush à la Maison-Blanche, jeudi après-midi.

Les bourses suivent, sauf en Asie

Les marchés financiers sont, en tout cas, sensibles aux efforts de l'administration Bush. Jeudi, la Bourse de Toronto a terminé la séance avec une légère hausse de 0,26 %. À New York, le Dow Jones a grimpé de 1,82 %.

À part la Norvège et l'Autriche, qui affichaient des baisses, la plupart des places boursières européennes clôturaient également à la hausse.

En Asie, en dehors de la Chine, qui affichait une progression de 3,64 % à la Bourse de Shanghai, prudence et pessimisme restaient de mise. La plupart des places financières présentaient des variations nulles, alors que Hong Kong, Singapour et la Malaisie finissaient la journée en baisse.