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Économie Crise financière

Aux grands maux les grands remèdes

Mise à jour le samedi 20 septembre 2008 à 22 h 11

Le président américain George W. Bush avec, en arrière-plan, Henri Paulson, secrétaire au Trésor

Photo: AFP/Saul Loeb

Le président américain George W. Bush avec, en arrière-plan, Henri Paulson, secrétaire au Trésor

Après avoir tenté de régler à la pièce les maux qui affligent le système financier américain, l'administration Bush met sur la table ce qui pourrait s'apparenter à un plan Marshall pour les institutions financières du pays.

Annoncé jeudi soir, il a été soumis vendredi, tard en soirée, au Congrès, dans sa version détaillée, en vue de parvenir d'ici dimanche à un projet de loi dont l'examen pourrait commencer la semaine prochaine.

Le plan de soutien élaboré par le Trésor américain vise à soulager les banques d'actifs à risque accumulés pendant la bulle immobilière et maintenant invendables en raison de l'effondrement du marché.

Selon un document envoyé au Congrès obtenu par le New York Times et publié sur son site Internet, le plan coûterait 700 milliards de dollars américains et s'étalerait sur deux ans.

Une fois rachetés par le Trésor grâce à ces fonds, mauvaises créances, titres douteux et crédits hypothécaires seraient conservés jusqu'à ce qu'ils puissent être revendus, lorsque le marché sera stabilisé.

Un dispositif semblable avait été instauré dans les années 80, après l'effondrement de centaines de caisses d'épargne, mais jamais une action d'une telle envergure pour venir en aide au privé n'avait été menée jusqu'ici par Washington.

Dans une allocution prononcée samedi matin, le président a justifié cette intervention massive de l'État auprès des banques.

[La crise financière a créé] un risque systémique important, et cela nécessitait une réponse forte, et le Congrès le comprend.

— George W. Bush

Le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, a de son côté concédé vendredi le caractère incomplet des mesures prises jusqu'ici pour sauver le système financier américain d'une possible faillite, et reconnaît que le temps était venu pour une action d'envergure.

Le Congrès à majorité démocrate a promis qu'il apporterait des amendements au projet de l'administration Bush. Les démocrates demandent un meilleur encadrement, ainsi que des mesures favorables aux contribuables et aux propriétaires victimes de la crise des prêts à haut risque.

Vendredi en matinée, le Trésor américain avait déjà mis en place une première pièce de ce plan, en créant une structure de garantie des fonds communs de placement monétaire. Cette garantie est dotée d'un fonds de 50 milliards de dollars, et vise à rassurer les Américains détenteurs de placements dans ce type de fonds.

Des marchés avides de bonnes nouvelles

Les mesures ponctuelles prises jusqu'ici par l'administration Bush n'avaient pas réussi jusqu'ici à calmer les marchés financiers, qui ont assisté coup sur coup à la mise sous tutelle des organismes de refinancement hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, au dépôt de bilan de la banque d'affaires Lehman Brothers et à la nationalisation de l'assureur AIG.

Les marchés boursiers ont cependant bien accueilli le plan. À la clôture, vendredi, la Bourse de New York était en forte hausse, continuant sur sa lancée de la veille. Le Dow Jones a gagné 3,35 %, à 11 388 points, et le Nasdaq 3,40 %, à 2274 points.

À Toronto, le TSX gagnait 7,03 % à 12 913 points, après avoir récupéré 1,2 % jeudi.

Londres avait repris 8,84 % en fin de journée, vendredi, Paris 9,27 %, Francfort 5,56 %, tandis que la bourse norvégienne dépassait les 8,53 % et l'autrichienne, 11,5 %.

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