Messages payants, critiques nombreuses

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Entrevue avec Jacques Bouchard, porte-parole de Bell Canada

Le ministre de l'Industrie du Canada critique la décision de Telus et de Bell d'imposer des frais aux utilisateurs de téléphones cellulaires pour les messages textes qu'ils reçoivent.

Les consommateurs et le ministre de l'Industrie se méfient de la décision de Bell et de Telus de faire payer aux consommateurs, à partir du mois d'août, 15 ¢ pour chaque message texte qu'ils reçoivent sur leur appareil.

Dans un communiqué, il estime que les compagnies de téléphone n'ont pas pris une décision éclairée. Selon lui, ces frais soulèvent des préoccupations sérieuses chez les consommateurs, particulièrement en ce qui concerne les sommes qu'ils pourraient se voir facturer pour des messages textes non sollicités.

Le ministre a écrit aux dirigeants des deux entreprises pour leur demander de le rencontrer à Ottawa avant l'entrée en vigueur de la nouvelle mesure, en août.

Les consommateurs se méfient

Les groupes de consommateurs croient que le gouvernement doit légiférer pour encadrer les contrats dans le domaine des télécommunications, et surtout interdire les clauses de modifications unilatérales abusives.

« Quand vous m'offrez un forfait de trois ans et que vous m'attachez les deux mains biens serrées avec des pénalités abusives pour que je respecte mon engagement de trois ans, la moindre des choses c'est qu'on s'attende à la même chose de la part du fournisseur, qu'il respecte lui aussi son engagement de trois ans », a déclaré le porte-parole de l'Union des consommateurs, Charles Tanguay.

Téléphones cellulaires   © Luc Lavigne/Radio-Canada

L'Union rappelle qu'un recours collectif a déjà été intenté contre Bell Mobilité, qui avait décidé d'éliminer les minutes non utilisées et accumulées par les abonnés. Le recours avait forcé la compagnie à reculer avant même l'entrée en vigueur de la mesure.

Option consommateurs est du même avis et demande à Ottawa d'intervenir. « La plupart des contrats contiennent des clauses qu'on appelle de modifications unilatérales de contrat qui permettent au commerçant de modifier le contrat à sa guise, comme il veut et quand il veut », déclare Élise Thériault, avocate et conseillère juridique de l'organisme. Mme Thériault affirme que même si la démarche est légale, les clients seront en quelque sorte quand même pris en otages par les fournisseurs.

En ce qui concerne les pourriels, Bell et Telus assurent que leurs filtres les détecteront, mais, si jamais un pourriel devait s'infiltrer sur un cellulaire, les consommateurs pourront contacter leur fournisseur pour se faire rembourser.

Payer pour les messages

À partir du mois d'août, les abonnés de Bell et de Telus devront payer les messages textes qu'ils reçoivent sur leur appareil. Chaque appel entrant coûtera 15 ¢. Présentement, les clients de ces deux fournisseurs ne doivent payer que les messages textes qu'ils envoient.

Pour justifier ces nouveaux tarifs, Telus soutient que le nombre de messages textes sur son réseau double et même triple chaque année, donc qu'elle n'a pas le choix de faire payer le service.

De son côté, Bell se défend en disant qu'aux États-Unis, des frais de 20 ¢ sont déjà imposés pour les messages textes entrants.

Mais à Ottawa, l'opposition dénonce cette attitude. « Ils se comparent toujours au pire. Le Canada est déjà l'un des pays les plus chers pour tout ce qui est de la téléphonie portable, l'accès Internet, par Blackberry et ainsi de suite », dit le député néo-démocrate Thomas Mulcair.

Chaque jour, les Canadiens envoient 45 millions de messages textes. À 15 ¢ le message texte, cela représente 6,75 millions de dollars.

Selon l'Association canadienne des télécommunications sans fil, les Canadiens ont envoyé 4,1 milliards de messages textes lors des trois premiers mois de 2008.