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Vers des grèves sans préavis

Mise à jour le samedi 28 juin 2008 à 10 h 50

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Jean Lortie

Jean Lortie

La haute saison est une période faste pour l'industrie du tourisme, ainsi que pour les revendications syndicales. C'est ce qu'a rappelé Jean Lortie, le président de la Fédération du commerce de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui négocie actuellement les conditions de travail de 5500 salariés employés par 41 hôtels québécois.

À Montréal, 26 établissements sont concernés, dont le Ritz-Carlton, le Days Inn ou encore, le Reine Elizabeth. Le Hilton Québec ou l'Hôtel Clarion font partie des 8 hôtels de Québec où les négociations sont en cours.

Dans le reste de la province, les discussions ont actuellement lieu dans plusieurs établissements en Estrie, en Montérégie et dans un hôtel de l'Outaouais.

Jean Lortie a averti que les moyens de pression pourraient s'intensifier si les négociations n'avançaient pas plus vite. Les salariés pourraient se mettre en grève dans plusieurs de ces établissements dans les semaines qui viennent.

Une trentaine d'hôtels en négociation obtiendront en effet le droit légal de grève dans les prochains jours. Jean Lortie affirme toutefois que ce moyen de pression ne sera utilisé qu'en dernier recours.

« J'en appelle à la bonne foi des employeurs. Nos projets de négociation sont tout à fait raisonnables. Ils tiennent compte de la conjoncture économique de l'industrie, avec entre autres les célébrations entourant le 400e de Québec. Il n'y a pas de raison pour que nous ne puissions pas nous entendre rapidement », a-t-il déclaré.

Des grèves sans préavis

Les négociations semblent bien avancées dans plusieurs grands hôtels du Québec, comme au Bonaventure Hilton, au Hilton de Laval, à l'hôtel des Gouverneurs de la Place Dupuis et au Centre Sheraton de Montréal.

Elles sont cependant au point mort dans de nombreux autres établissements, a déploré Jean Lortie.

« Plus d'une dizaine d'hôteliers à Montréal ont décidé d'arrêter les négociations sur les enjeux locaux en attendant que les éléments salariaux soient réglés à d'autres tables de négociation. Or, ce n'est pas du tout ce que nos membres souhaitent », a-t-il indiqué.

Le 2 juillet, les directions des 41 syndicats se retrouveront en Estrie pour faire le point sur l'état des négociations.

Les dirigeants syndicaux prévoient d'adopter un cadre stratégique global permettant de créer des banques de jours de grève qui pourraient être utilisés sans préavis.

« Depuis une semaine, nous avons intensifié les moyens de pression dans les hôtels et à compter de la semaine prochaine, on réévalue stratégiquement et on irait chercher des mandats de grève, des banques de 24 heures à être exercées aux moments jugés opportuns, sans préavis aux hôteliers », a prévenu Jean Lortie.

Les revendications du syndicat pour les salariés

  • Un total de huit jours de maladie remboursables s'ils ne sont pas utilisés
  • Des mesures favorisant la conciliation famille-travail
  • Une diminution de la charge de travail des préposées aux chambres
  • Une augmentation de la part des employeurs aux régimes d'assurances
  • Des solutions innovatrices aux problèmes de pénurie de main-d'oeuvre
  • Une augmentation de 1 % des cotisations au régime de retraite et l'amélioration de la méthode de calcul des gains
  • Une bonification de la prime de départ à la retraite
  • Des augmentations de salaire de 5 % pour chaque année d'un contrat de travail de trois ans

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