La poursuite d'une mondialisation équitable

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne, Le Devoir et La Presse
La présidente chilienne Michelle Bachelet La présidente du Chili Michelle Bachelet est au nombre des invités de marque attendus au Forum.

C'est sur le vaste thème de « Maîtriser le changement: la grande transition » que s'est ouvert lundi, à Montréal, le 14e Forum économique international des Amériques.

L'économie mondiale face à la menace d'une récession américaine et l'intégration des immigrants sont au nombre des grands enjeux au programme du Forum économique international des Amériques, à Montréal, cette semaine.

Quelque 150 conférenciers s'adresseront, d'ici jeudi, à plus de 3200 participants. Ils parleront, entre autres, de la crise financière, du spectre d'une récession américaine, du développement durable, des biocarburants et des marchés agroalimentaires mondiaux, du défi de l'intégration des immigrants ou encore de la compétitivité du secteur privé dans les Amériques.

« Il est évident que l'on vit une grande transition à bien des niveaux », a observé en entrevue au quotidien Le Devoir le président fondateur de la conférence, l'ancien ministre de Robert Bourassa, Gil Rémillard.

« Des phénomènes comme la crise financière, la crise du pétrole et la crise alimentaire nous poussent à un changement majeur. Il me semble clair que nous sommes en mouvement vers un nouvel ordre mondial qui sera beaucoup plus sensible à des réalités que l'on a négligées, comme un développement plus respectueux de l'environnement, la transparence à bien des niveaux de direction et la poursuite d'une mondialisation mieux contrôlée et plus équitable pour tout le monde », poursuit M. Rémillard.

De nombreuses personnalités de renom sont invitées, comme Henry Kissinger, Prix Nobel et ancien secrétaire d'État américain, la présidente du Chili Michelle Bachelet, le Secrétaire général de l'OCDE Angel Gurria et le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn.

Le premier ministre du Québec Jean Charest a prononcé un discours sur le thème « Relever le défi du changement économique ».

Le Canada s'en tirera

Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), indique que l'économie mondiale est prise entre le feu de l'inflation et la glace d'une possible récession, mais il estime que le Canada se tirerait mieux d'affaire que le reste du monde.

M. Strauss-Kahn a néanmoins indiqué que le FMI allait abaisser légèrement ses prévisions de croissance pour le Canada, l'automne prochain.

Comme d'autres conférenciers qui ont pris la parole lundi, M. Strauss-Kahn croit que la solution à la crise financière et à la flambée des prix passe par une concertation mondiale.

De son côté, Paul Volker, ancien président de la Réserve fédérale américaine, fait porter le blâme à l'institution qu'il a dirigée pour la crise financière des derniers mois. Selon lui, la Fed a favorisé la surconsommation et le boom immobilier aux États-Unis.

La crise est un cri d'alarme qui doit inciter les décideurs à réformer en profondeur le régime réglementaire du secteur financier, a plaidé M. Volker.

Des critiques de mouvements citoyens

Un regroupement de mouvements citoyens a tenu un point de presse, lundi, pour dénoncer cette rencontre qui, de leur point de vue, laisse pour compte les moins nantis de la société.

ATTAC-Québec, le Collectif Échec à la guerre, le Front commun des personnes assistées sociales et le Réseau québécois des groupes écologiques font partie de ce regroupement. Ils s'inquiètent du coût réel des partenariats public-privé (PPP) et des éventuelles retombées néfastes du libre-échange entre le Québec et l'Union européenne.

Selon Claude Vaillancourt d'ATTAC-Québec, même si le thème de cette conférence « Maîtriser le changement: la grande transition » parle de changement, les discussions ne serviront encore que les intérêts de l'élite. Selon lui, il faudrait un autre forum, beaucoup plus neutre et plus ouvert, pour discuter des problèmes de société.