Rien ne va plus dans le marché immobilier résidentiel aux États-Unis. Le nombre de maisons à vendre se multiplie, les propriétaires n'étant plus capables d'assumer leurs paiements hypothécaires. Même si le marché est très bon pour les acheteurs, ces derniers ne se précipitent pas pour acquérir une maison, car on prévoit que les prix vont continuer de chuter.
La chute des titres du papier commercial provoque une véritable crise dans le secteur de l'immobilier aux États-Unis. Des analystes prévoient une baisse de 25 % du prix des maisons d'ici un an.
Si les ventes de maisons ont atteint des records durant cinq années consécutives de 2001 à 2005, la situation est maintenant complètement différente. Les spécialistes prévoient que la construction diminuera à des niveaux aussi bas que dans les années 40 et que les prix déclineront aussi rapidement que durant la Grande Dépression.
Les États les plus durement touchés sont ceux qui ont connu les plus forts booms immobiliers, comme la Californie, la Floride, le Nevada, l'Arizona et certains États du Nord-Est. La situation est pire dans les États liés à l'industrie de l'auto, alors que les chômeurs ne sont même pas capables de vendre leur maison.
L'Association nationale des agences immobilières rapporte que les ventes de maison ont décliné dans 46 États au cours des trois premiers mois de l'année, comparativement à la même période l'an dernier. C'est le Maryland qui a connu la plus forte baisse de vente de maisons, avec une diminution de 38,6 % au cours des trois premiers mois de l'année.
Incertitude
Certaines agences prévoient que la situation se rétablira l'an prochain. L'économiste en chef de l'Association des agences immobilières des États-Unis croit que la diminution des taux hypothécaires favorisera la reprise.
Mais d'autres économistes sont beaucoup moins optimistes, à cause de la faiblesse de l'économie. L'augmentation du taux de chômage, du prix des aliments et du prix de l'essence freine considérablement une reprise immobilière.
Selon Patrick Newport, économiste pour Global Insight, le prix des maisons pourrait diminuer de 25 % d'ici un an, ce qui constituerait la plus forte baisse depuis la Grande Dépression quand la diminution a atteint 33 %.
Quant à la construction de maisons, la situation n'est guère mieux. David Seiders, de l'Association nationale des constructeurs de maison, croit que la diminution de mises en chantier atteindra 39 % cette année, ce qui ramène l'industrie au taux qui prévalait après la Deuxième Guerre mondiale.