Pendant que le reste du monde oeuvre à abaisser ses coûts de production et à développer des produits mieux adaptés au marché, les principaux acteurs de l'industrie porcine québécoise, eux, perdent encore trop de temps dans des guerres de pouvoir et des luttes stériles.
Chargé par Québec de trouver une issue à la crise porcine, le négociateur Guy Coulombe déplore, dans un rapport, que trop d'efforts se perdent encore en luttes de pouvoir entre producteurs et transformateurs.
C'est du moins ce que constate, entre autres, le négociateur Guy Coulombe dans un rapport qu'il vient de remettre au ministre de l'Agriculture, Laurent Lessard.
Selon l'ancien haut fonctionnaire qui avait été chargé par Québec, à l'automne dernier, de faire toute la lumière sur une filière porcine québécoise en crise, les producteurs et les transformateurs ne semblent pas encore réaliser l'ampleur de la menace qui pèse sur leur industrie.
Pour M. Coulombe, les producteurs détiennent trop de pouvoirs en vertu de l'actuel système de mise en marché collective, un système qu'il estime trop rigide et qui, selon lui, menace d'hypothéquer l'avenir de l'agroalimentaire québécois.
La Fédération des producteurs de porcs du Québec s'oppose fermement à la remise en question d'un système qui interdit à un transformateur de négocier directement avec un producteur pour le développement d'un nouveau produit.
L'industrie porcine traverse actuellement l'une des pires crises de son histoire. Les coûts de production se sont envolés en raison de la flambée des prix des céréales et des oléagineux. D'autre part, les prix de vente, plombés par une concurrence étrangère féroce et un dollar très fort, se sont effondrés.
À la fin de l'année dernière, il en coûtait quelque 145 $ pour produire un porc, qui ne se vend sur le marché qu'entre 76 et 88 $.
La production porcine au Québec: