À bout de souffle

Pierre Karl Péladeau lors de l'assemblée des actionnaires de Quebecor World en mai 2007 Pierre Karl Péladeau lors de l'assemblée des actionnaires de Quebecor World en mai 2007   © PC/Peter McCabe

Acculé au mur en raison de l'échec de son plan de relance, l'imprimeur Quebecor World se place, lundi matin, sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies au Canada. L'entreprise, naguère considérée comme le vaisseau amiral de l'empire Quebecor, se place également sous la protection d'une disposition similaire aux États-Unis.

Malgré le récent financement obtenu pour se sortir de ses difficultés financières, le deuxième imprimeur mondial se place sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

La direction de Quebecor a imputé ses plus récents déboires à l'échec d'un plan de sauvetage de 400 millions de dollars proposé par le groupe Quebecor et par une société torontoise, Tricap Partners.

Les deux groupes prévoyaient injecter chacun 200 millions de dollars dans Quebecor World en contrepartie d'une participation d'environ 75 % à son capital-actions. Ce plan a cependant été rejeté par les banques, qui craignaient de se voir reléguer au rang de créanciers de second ordre.

Quebecor rassurante

Dans un communiqué, la direction de Quebecor inc. tente de se faire rassurante en affirmant que le siège social et la filiale Quebecor Media ne sont pas touchés par les ennuis de Quebecor World. L'action de cette dernière, qui s'est effondrée de plus de 50 % durant la journée de lundi, ne valait plus que 0,165 $ sur les marchés torontois. Le titre de Quebecor inc., lui, a perdu environ 6 % de sa valeur.

La maison mère a cependant averti l'imprimeur qu'il devait cesser d'utiliser la raison sociale Quebecor « dans le but d'éliminer toute confusion dans l'esprit des gens ».

Pour sa part, le PDG de Quebecor Word, Jacques Mallette, a indiqué qu'en se protégeant contre ses créanciers, la société va pouvoir poursuivre ses activités. « Nous pensons que les mesures que nous prenons aujourd'hui et que le vote de confiance qui nous a été accordé par nos nouveaux prêteurs financiers nous permettront de protéger la valeur de l'entreprise pour les parties prenantes », a-t-il déclaré.

Dans un communiqué publié lundi soir, le porte-parole du syndicat des Teamsters, qui représente plus de 1000 employés de Quebecor au Québec, a indiqué qu'il ne pensait pas que la situation de Quebecor World allait avoir un impact sur les usines québécoises. Selon Stéphane Lacroix, les investissements effectués par l'entreprise au Québec et les concessions consenties par les employés permettent d'être optimistes. Le syndicat estime que la dette, l'intérêt à verser sur la dette, la force du dollar canadien et la compétition dans l'industrie ont causé les problèmes de Quebecor World.

La filiale, qui emploie 29 000 personnes dans le monde, devrait poursuivre ses opérations courantes grâce à un financement de 1 milliard de dollars obtenu à la dernière minute par la direction auprès du Crédit Suisse et de la banque Morgan Stanley. L'entreprise devra cependant être approuvée par des tribunaux au Canada et aux États-Unis.

Fer de lance de Quebecor Inc.

Les deux tiers des revenus de l'empire de Quebecor proviennent de sa division imprimerie qui est à l'origine (après l'édition) de l'empire de la famille Péladeau.

Quebecor détient actuellement 36 % de Quebecor World, mais contrôle 85 % des droits de vote dans ses sociétés de participation.