Béchard touche du bois

Claude Béchard, ministre des Ressources naturelles Claude Béchard (archives)

Le Sommet sur l'avenir du secteur forestier québécois s'est ouvert, lundi, à Québec, et se poursuit jusqu'à mercredi.

Dans le cadre du sommet sur la forêt, le ministre québécois des Ressources naturelles dit vouloir favoriser l'utilisation du bois lors de la construction d'édifices publics.

Lors d'une allocution prononcée lundi en soirée, le ministre des Ressources naturelles du Québec, Claude Béchard, a fait part de sa volonté de déposer une politique visant à favoriser l'utilisation du bois lors de la construction d'édifices publics, dans le but de venir en aide à l'industrie de la province.

Le ministre a reconnu que l'utilisation du bois pouvait parfois s'avérer plus coûteuse, mais a vanté la grande beauté d'édifices publics récemment construits en bois. Il a en outre souligné qu'à « moyen ou long terme, on récupère les sommes en efficacité énergétique ou autrement. Il y a moyen de faire plus avec du bois, dans des coûts qui sont très raisonnables ».

Les grandes lignes de cette nouvelle politique du gouvernement Charest seront dévoilées d'ici la mi-janvier.

Nouveau régime d'ici un an

travail-forestier-foret

Le ministre Béchard a également qu'un nouveau régime forestier serait adopté d'ici la fin 2008, « si tout va bien ». Le régime actuel subit les contrecoups du ralentissement du marché américain et doit composer avec la force du huard.

Voulant peut-être modérer les attentes, M. Béchard a toutefois prévenu l'auditoire que le gouvernement ne pouvait à lui seul venir à bout de la crise qui secoue l'industrie. « Nous n'avons pas d'influence sur les cours du dollar ou du pétrole », a-t-il lancé.

À la recherche de solutions

Le sommet réunit quelque 400 intervenants issus du milieu politique, des communautés autochtones, des syndicats, des autorités régionales, des groupes environnementalistes et du secteur du tourisme tenteront de trouver des solutions concrètes à la crise que vit le secteur forestier en ce moment.

Denis Brière, président du Sommet Denis Brière, président du Sommet

Conservation, mise en valeur et utilisation des ressources forestières, travail, formation professionnelle et éducation: les sujets importants liés à la forêt, élément névralgique de la santé économique de plusieurs régions, doivent tous être abordés.

Le président du Sommet, le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, estime qu'il s'agit d'une initiative différente de ce qui s'est fait jusqu'à présent. « Habituellement, un sommet, c'est organisé par le gouvernement. Cette fois-ci, les gens se sont pris en main. C'est ça qui fait la valeur du Sommet. Les gens, au lieu de s'asseoir et de se mettre en mode revendication, se sont mis en mode solution », a-t-il expliqué.

Le président et chef de la direction du Mouvement Desjardins, Alban D'Amours, assume la présidence d'honneur de l'événement.

Crise importante, solutions multiples

En mars 2005, dans la foulée du rapport de la commission Coulombe, le gouvernement a adopté la loi 71 qui réduit de 20 % la possibilité forestière, pour certaines essences d'arbres, de 2005 à 2008. En décembre 2006, le forestier en chef Pierre Levac a ajouté encore 3,8 % à la réduction de la possibilité de récolte de résineux, et baissé de 15 % la possibilité pour les feuillus, moins importants au plan économique.

En octobre 2006, Québec avait annoncé son plan de soutien au secteur forestier, des mesures d'aide totalisant 722 millions de dollars en quatre ans. En décembre suivant, la loi 49 était adoptée sous le bâillon. Les droits de coupe ne sont ainsi plus la propriété des usines, mais plutôt des entreprises qui peuvent maintenant transférer le bois récolté dans une région vers d'autres usines du Québec.

En mai dernier, le premier ministre Jean Charest déclarait que l'industrie forestière avait un besoin urgent de restructuration, parce qu'elle comptait un trop grand nombre d'entreprises pour les besoins du marché. Le président du Conseil de l'industrie forestière, l'ancien ministre Guy Chevrette, convenait que le Québec comptait une scierie de trop sur cinq.

En juillet, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, a annoncé une série de mesures pour réduire les coûts administratifs de la production forestière. Ainsi, la récolte de bois devrait coûter 2 $ de moins le mètre cube.

Jusqu'à maintenant, la crise du secteur forestier a entraîné la fermeture d'au moins 130 entreprises et la perte de quelque 12 000 emplois au Québec.

En complément

Ailleurs sur le web

Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes suggérés ci-après.