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AFP/DDP FILES/ SEBASTIAN WIDMANN
Pour la première fois depuis 1976, le dollar canadien est à parité avec le dollar américain. Il se pavanait au-delà des valeurs records vieilles de 30 ans depuis quelques jours. Vendredi matin, le dollar valait toujours un peu plus d'un dollar américain.
La chute du dollar américain, plombé par la baisse du taux directeur de la Banque centrale américaine, propulse le dollar canadien à parité avec le billet vert et l'euro à des niveaux records.
Avec une économie américaine chancelante, les investisseurs semblent voir dans le dollar canadien une valeur refuge. L'économie canadienne présente, en effet, des signes de bonne santé: le gouvernement fédéral dégage des surplus budgétaires depuis la fin des années 90, la demande pour les matières premières et pour le pétrole de l'Ouest canadien est très forte.
Record pour le brut
Le prix du pétrole a d'ailleurs, lui aussi, atteint un niveau historique jeudi après-midi, pour clôturer à 84 $US le baril. C'est que plusieurs entreprises ont dû suspendre leur production dans le golfe du Mexique, en raison de la formation d'une tempête non loin de la Floride.
Depuis plusieurs semaines, les incertitudes quant au niveau des réserves pétrolières américaines, qui pourrait s'avérer insuffisant au quatrième trimestre lorsque la demande de produits de chauffage atteindra son pic, maintiennent les prix élevés.
Des signes de ralentissement économique font également craindre une récession aux États-Unis. Les comptes publics sont déficitaires, les coûts de la guerre en Irak sont énormes et la confiance des consommateurs, sur qui reposent les deux tiers de l'économie, est en baisse.
L'euro à un sommet
Après la forte performance du dollar canadien, l'euro a franchi jeudi matin le cap symbolique de 1,40 $US, marquant un record historique pour une monnaie qui avait atteint en octobre 2000 un bas historique à 0,82 $US. La force de la devise européenne a continué de s'affirmer, vendredi matin, flirtant ainsi avec de nouvelles valeurs records dépassant les 1,41 $US.
La vigueur de l'euro est grandement attribuable à la décision récente de la Réserve fédérale américaine d'abaisser de nouveau son taux d'intérêt directeur, pour le porter à 4,75 %. Cette décision, et les rumeurs d'autres baisses très prochainement, a rendu la devise américaine nettement moins séduisante pour des investisseurs qui assistent à l'amincissement de l'écart des taux européens face aux taux américains.
Aurait joué aussi la décision de l'Arabie saoudite de ne pas suivre le mouvement baissier de la Réserve fédérale américaine, ce qui marque peut-être la fin de l'ancrage du rial au dollar américain.
Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, et le ministre américain des Finances, Henry Paulson, ont d'ailleurs fait le point, jeudi, devant le Congrès américain, sur la crise des prêts hypothécaires à risque et son impact sur l'économie américaine.
M. Bernanke a expliqué que les conséquences de la crise des prêts hypothécaires à risque sur l'ensemble de l'économie américaine a dépassé les prévisions les plus pessimistes et nécessite une prise en charge vigoureuse.
Les analystes s'attendent à ce que cette allocution ouvre la voie à de nouvelles baisses des taux d'intérêt.