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PC/Chuck Stoody
Les Canadiens payent plus cher pour un litre d'essence comparativement aux coûts de production et aux marges de profits normales de l'industrie pétrolière.
Selon une étude du Canadian Center for Policy Alternatives, la surcharge des tarifs à la pompe se situe à 14 ¢ pour un litre à Montréal, 15 ¢ à Toronto et 27 ¢ à Vancouver.
C'est ce que révèle, jeudi, un rapport du Canadian Center for Policy Alternatives. Selon les données de l'étude, la surcharge des tarifs à la pompe se situe à 14 ¢ pour un litre à Montréal, 15 ¢ à Toronto et 27 ¢ à Vancouver.
L'organisme indépendant a étudié le prix de l'essence avant et après le passage de l'ouragan Katrina, dans le sud des États-Unis à l'automne 2005, et il a conclu que les règles pour l'établissement du prix de l'essence avaient changé du jour au lendemain.
« Jusqu'à août 2005, ce que nous voyions, c'était une évolution normale des prix, mais après l'automne 2005, il y a eu un changement marqué », a déclaré Hugh Mackenzie, économiste et chercheur pour le groupe.
D'après M. Mackenzie, les événements comme le passage de l'ouragan Katrina ou les difficultés qui ont frappé récemment des raffineries peuvent donner une excuse à l'industrie pour augmenter les prix, mais que cela ne justifie pas une hausse draconienne sur la seule base des coûts.
« Le pétrole brut qui se dirige vers nos réservoirs aujourd'hui ne coûte pas un cent de plus à produire que ce que ça coûtait en 2001 quand le prix à la pompe était de 60 ¢ pour un litre, stipule le rapport. Le gain pour les producteurs canadiens atteint 1,7 million de dollars par jour pour chaque dollar d'augmentation du prix du brut. »
Pour arriver à ces chiffres, les chercheurs ont établi le rapport entre le prix du brut et le prix de l'essence à la pompe. Au taux de change actuel, une hausse de 1,25 $US du prix du baril devrait avoir comme résultat d'augmenter d'un cent canadien le litre coût à la pompe.
Cependant, en septembre 2005, lorsque le prix du baril de brut a augmenté de 10 $US, le prix de l'essence à la pompe a plus que doublé. Cette augmentation a parfois même atteint le quintuple de ce qu'elle aurait dû être.
Tony Marcello de l'Institut canadien des produits pétroliers rejette ces affirmations. Il est d'accord avec le fait que la marge de profit de l'industrie a augmenté, mais, selon lui, des facteurs justifient cette hausse, dont une demande accrue, la spéculation et le fait que plusieurs raffineries nord-américaines ont repoussé des plans de modernisation après le passage de Katrina.
Pour sa part, le député libéral Dan McTeague a affirmé que le rapport ne faisait que confirmer ce que les Canadiens savaient déjà, c'est-à-dire que les pétrolières accumulaient des profits à leur détriment. M. McTeague croit qu'Ottawa doit agir et modifier la Loi sur la concurrence pour briser ce qu'il qualifie d'oligopole classique.
Pressé d'agir par les partis d'opposition, le ministre fédéral de l'Industrie, Maxime Bernier, a toutefois fermé la porte à une intervention du gouvernement Harper. « Le prix de l'essence est dû à un stock de production manquant aux États-Unis [...]. On est train de construire le stock du pétrole et vous allez voir qu'en croyant au marché, le prix du pétrole va descendre bientôt », a-t-il affirmé à la Chambre des communes.