Le cartel n'est pas pour demain

Plate-forme gazière (archives)

Le 6e Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) qui se tient à Doha, au Qatar, n'aura pas permis à ses membres de créer un cartel inspiré du modèle de l'OPEP.

Les pays exportateurs de gaz se réunissent à Doha pour discuter de la création d'une alliance sur le modèle de l'OPEP pour le pétrole. Si l'idée inquiète les pays consommateurs, elle ne semble toutefois pas en voie de se réaliser.

Le premier ministre qatari, cheikh Hamad Ben Jassem Al-Thani, s'est toutefois prononcé pour un renforcement de la coopération entre les pays producteurs et les pays consommateurs pour « garantir la stabilité du marché mondial ».

Ce sont deux des principaux pays fournisseurs de gaz de l'Europe, la Russie et l'Iran, qui ont relancé l'idée de former une association sur le modèle de l'OPEP. L'idée a d'abord été évoquée cet été à la suite de la signature d'une alliance entre les compagnies russe Gazprom et algérienne Sonatrach, puis ces dernières semaines notamment par l'Iran.

Le ministre iranien du Pétrole a déclaré après l'ouverture du Forum que la formation d'un cartel était nécessaire, mais que « le processus est lent comme c'était le cas pour l'OPEP ».

Son homologue vénézuélien, le ministre de l'Énergie, Rafael Ramirez, a déclaré, de son côté, que son pays était « ici pour soutenir une OPEP du gaz ».

Pas d'unanimité

Mais l'idée ne fait pas l'unanimité. L'Égypte a dit que le monde n'était pas prêt à avoir une OPEP du gaz, et le Qatar, l'Algérie et l'Indonésie se sont limités à dire qu'ils voulaient entendre l'avis des autres ministres.

Le ministère du Pétrole et de l'Énergie de la Norvège, le troisème pays exportateur de pétrole, a réaffirmé à l'Agence France Presse mardi que son pays ne voulait pas adhérer à une telle association. « Nous ne sommes pas membres de l'OPEP et il n'est pas non plus naturel que nous adhérions à une "OPEP du gaz" », a déclaré Trude Iversen.

Inquiétudes

L'Europe, qui importe plus de la moitié de son gaz, est inquiète. Elle croit qu'un cartel pèserait lourd sur les prix et les approvisionnements.

L'Agence internationale de l'énergie avait déclaré en février qu'un cartel du gaz réduirait la demande et nuirait aux producteurs.

Les caractéristiques du marché du gaz rendent toutefois assez difficile la formation d'un cartel fonctionnant sur le modèle de l'OPEP. Les transactions se faisant sous forme de contrats à long terme de 15 ou 20 ans ne permettent pas de modifier brusquement les prix.

Le FPEG, une structure informelle fondée en 2001, regroupe une quinzaine de pays riches en gaz naturel, dont la Russie, l'Iran, le Qatar, le Venezuela et l'Algérie, qui contrôlent 73 % des réserves mondiales et 42 % de la production. La Russie détient près de 30 % des réserves prouvées de gaz dans le monde et assure 20 % de la production.