Le département américain du Commerce a envoyé une lettre de protestation au ministre canadien du Commerce extérieur, David Emerson, au sujet de l'entente sur le bois d'oeuvre entre les deux pays.
Les États-Unis se plaignent que le Canada viole l'accord entre les deux pays sur le bois d'oeuvre, ce qui laisserait présager un autre choc. Le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec, Guy Chevrette, a une autre opinion.
La violation de l'accord reprochée au Canada pourrait engendrer un nouveau conflit entre les deux pays. Washington reproche au Canada de mener des programmes d'aide gouvernementale pour les producteurs de bois d'oeuvre du Québec, de l'Ontario et de l'ouest du pays.
« Ça va très mal », a déclaré Carl Grenier, dirigeant du Conseil du libre-échange pour le bois d'oeuvre. M. Grenier s'attend, au minimum, au lancement d'autres procédures d'arbitrage. Les États-Unis pourraient également imposer de nouveaux droits compensateurs sur les exportations canadiennes.
À son avis, l'administration Bush tenterait ainsi de remettre en cause certains acquis canadiens dans l'accord signé en octobre dernier.
L'impact d'une nouvelle crise de l'industrie pourrait être lourd pour le Québec et le Canada. « De nouvelles restrictions, des taxes plus hautes et des quotas plus fermes pourraient être imposés », a mentionné M. Grenier, en entrevue à Radio-Canada. Des pertes d'emplois seraient inévitables.
L'industrie québécoise du bois sombre déjà dans le marasme. La fermeture de cinq scieries de Kruger, annoncée plus tôt, engendrera la perte de plus de 1000 emplois.
Un feu de paille?
Le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec, Guy Chevrette, croit de son côté qu'il n'y a rien d'extraordinaire dans la protestation des Américains. Il serait étonné que cette simple question puisse engendrer un autre conflit entre les deux pays.
« Les États-Unis ne font qu'utiliser une clause signée dans l'entente sur le bois d'oeuvre (l'article 14), a soutenu M. Chevrette, en entrevue à Radio-Canada. Ils ont le droit de poser des questions sur les programmes, pour vérifier si c'est conforme. »
De plus, rajoute l'ancien député péquiste, il n'y a aucune autre question qui pourrait être litigieuse aux yeux des Américains. « Des avocats avaient passé à travers chaque article de l'entente, pour justement s'assurer que rien n'allait à l'encontre de l'ALENA », a affirmé M. Chevrette.