Lancement virtuel des travaux

C'est finalement depuis Montréal, plus précisément des bureaux d'Hydro-Québec, que le premier ministre Jean Charest a procédé au lancement officiel des travaux de construction de la centrale hydroélectrique Eastmain-1-A. Ce projet, qui entraînera la dérivation de la rivière Rupert, est le plus important chantier hydroélectrique de la décennie au Québec.

Le premier ministre Jean Charest, accompagné du chef du Grand Conseil des Cris, donne le coup d'envoi du grand projet hydroélectrique d'Eastmain-Rupert, dans le Nord-du-Québec.

Jean Charest aux bureaux d'Hydro-Québec Jean Charest aux bureaux d'Hydro-Québec

Le premier ministre était accompagné du PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, et de quelques ministres de son Cabinet, dont le ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil et de son collègue à l'Environnement, Claude Béchard. Le grand chef cri Matthew Mukkash a également assisté à la cérémonie ainsi que des maires de plusieurs villes du Grand Nord.

En donnant le coup d'envoi à ce projet de 5 milliards de dollars, Jean Charest a fait savoir que toutes les évaluations environnementales requises ont été faites, et les recommandations formulées ont été ajoutées au projet. Le tout, assure-t-il, a été planifié en respectant les communautés visées et le principe du développement durable.

Faisant allusion à la controverse qu'a suscitée ce projet, le premier ministre a affirmé qu'« on ne peut exiger ou attendre l'unanimité dans les communautés » pour lancer des projets. Il a indiqué que celui-ci permettra à la communauté crie de « progresser et de prendre la place qui lui revient. »

Controverse et enthousiasme

Le déplacement initialement annoncé du premier ministre sur les lieux du chantier a été annulé pour des raisons de « logistique ». Selon le bureau du premier ministre, il était trop compliqué de déplacer autant de monde sur les lieux du chantier, dans le Nord-du-Québec.

Le Cabinet de M. Charest a tenu à préciser que ce changement de dernière minute n'avait rien à voir avec l'opposition grandissante à ce projet chez les communautés autochtones. Il serait plutôt dû au nombre important de journalistes qui auraient manifesté leur intérêt à faire le déplacement pour couvrir l'événement.

Des groupes écologistes se sont également opposés à cet immense chantier, craignant que la dérivation de la rivière, nécessaire à la construction du barrage, cause une forte pollution au mercure et nuise ainsi aux poissons.

La mise en service des différentes phases du projet débutera à la fin de 2009 pour se terminer au début de 2012. Une fois le projet complété, Hydro-Québec disposera d'une puissance additionnelle de près de 900 MW et d'une quantité d'énergie supplémentaire de 8,5 TWh par année. C'est l'équivalent de l'énergie nécessaire pour alimenter environ 425 000 clients résidentiels.

Des retombées importantes sont également attendues pour certaines régions environnantes. Au cours des six prochaines années, quelque 27 000 personnes travailleront à la réalisation de ce vaste chantier. Au plus fort des travaux, plus de 4000 travailleurs seront présents sur le chantier.

Le projet représente également des retombées économiques évaluées à 532 millions de dollars en région, dont 212 millions pour le Nord-du-Québec, 134 millions pour l'Abitibi-Témiscamingue et 186 millions pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Le projet devrait, par ailleurs, procurer 70 millions de dollars par année à la communauté crie, divisée sur la question depuis la signature de la paix des braves.

Le projet consiste à dériver vers le nord la rivière Rupert, et ensuite construire deux centrales hydroélectriques, Eastmain-1-A et Sarcelle.