Coup d'envoi à partir de... Montréal

Rivière Eastmain Rivière Eastmain

Le premier ministre Jean Charest lancera officiellement jeudi, à partir de Montréal, les travaux du projet de construction de la centrale Eastmain-1-A, qui entraînera la dérivation de la rivière Rupert. Il s'agit d'un grand chantier hydroélectrique, le plus important de la décennie au Québec.

Jean Charest lancera finalement les travaux de ce chantier, le plus important de la décennie au Québec, à partir de la métropole. Son déplacement dans le Nord-du-Québec a été annulé pour des raisons de « logistique ».

Le déplacement initialement annoncé du premier ministre sur les lieux du chantier a été annulé pour des raisons de « logistique ». Il serait, dit-on, trop compliqué de déplacer autant de monde sur les lieux du chantier, dans le Nord-du-Québec. Le Cabinet de M. Charest assure que ce changement de dernière minute n'a rien à voir avec l'opposition grandissante à ce projet chez les communautés autochtones. Il serait plutôt dû au nombre important de journalistes qui auraient manifesté leur intérêt à faire le déplacement pour couvrir l'événement.

On sait toutefois que M. Charest devrait être mercredi dans la région où il doit rencontrer en après-midi la communauté crie de Wemindjii avec laquelle il devrait signer une entente.

Réagissant immédiatement à cette annonce, le président de la Conférence régionale des élus d'Abitibi-Témiscamingue, Jean-Maurice Matte, a déploré que le lancement officiel des travaux ait lieu à Montréal plutôt que dans le Nord-du-Québec.

M. Charest devait être accompagné du PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, et de quelques ministres de son Cabinet. Le gouvernement n'a pas invité le député péquiste d'Ungava, Michel Létourneau, qui est l'un des artisans de la Paix des Braves avec les Cris en 2002.

La rivière Rupert Des centaines de mètres cubes d'eau coulent à la seconde dans cette rivière.

Inclus dans cette entente, ce projet de 4 milliards de dollars a fait l'objet d'une controverse alimentée par les critiques de membres de communautés cries et d'écologistes. Ces derniers croient que la dérivation de la rivière, nécessaire à la construction du barrage, touchera fortement les poissons et causera une forte pollution au mercure.

Il n'en demeure pas moins que Québec et Ottawa ont successivement donné leur aval, confortés dans leur décision par les certificats d'autorisation délivrés par le Comité québécois d'examen et l'Agence canadienne d'évaluation environnementale.

L'agence fédérale s'est dite consciente du problème environnemental et a recommandé aux acteurs du projet de bien informer les populations locales du fait que les poissons devront être consommés en quantités réduites pendant 20 à 30 ans.

Le projet suscite beaucoup d'enthousiasme dans les régions environnantes. Plusieurs élus soutiennent que ses impacts économiques pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean surpasseront ceux du chantier Péribonka-4, qui avait généré des retombées directes de 346 millions de dollars et près de 600 emplois.

La nouvelle centrale, dont la mise en service est prévue en 2010-2011, devrait fournir une capacité supplémentaire de 888 mégawatts à Hydro-Québec.