14 000 emplois supprimés

Travailleuse dans une usine de Ford

Les administrateurs de Ford, qui font face à des pertes de 1,4 milliard de dollars américains pour les six premiers mois de l'année, ont décidé d'accélérer le processus de restructuration entamé récemment.

Le numéro 2 des constructeurs automobiles américains devance à 2008 de son plan de relance en fermant notamment deux usines de plus, dont une en Ontario.

Ainsi, l'entreprise supprimera 14 000 emplois, soit le tiers de ses salariés, d'ici la fin de 2008. Ce chiffre comprend les 4000 postes déjà éliminés cette année. La plupart des départs prévus auront lieu d'ici la fin du premier trimestre de 2007, a indiqué le géant automobile.

Ford a ajouté vendredi 2 usines aux 14 dont la fermeture était déjà prévue d'ici 2012. D'ici la fin de 2008, Ford entend vendre ou fermer toutes ses activités de fabrication de composantes d'automobile.

L'un de ces établissements est l'usine de moteur Essex, en Ontario, qui fermera ses portes l'an prochain. L'usine d'assemblage de St. Thomas poursuivra ses activités, mais un quart de travail y sera éliminé tel qu'annoncé précédemment.

Il s'agit d'un autre coup dur pour la communauté d'Essex, puisque cette fermeture s'ajoute à celle d'une fonderie, annoncée en janvier.

Départs volontaires et retraites anticipées

Tous les employés syndiqués de Ford en Amérique du Nord se voient offrir un plan de départ volontaire ou de retraite anticipée. L'entreprise précise qu'elle procédera à des mises à pied, si nécessaire, pour parvenir à ses objectifs de réduction de personnel.

Ford a aussi conclu une entente avec le syndicat des Travailleurs unis de l'automobile, en vertu de laquelle des offres de rachat seront présentées à ses 75 000 ouvriers à contrat horaire aux États-Unis.

Le plan de restructuration, baptisé Way Forward (Droit devant), vise à réduire les coûts d'exploitation de Ford de 5 milliards de dollars américains, sur une base annuelle, par rapport à 2005. S'il fonctionne, Ford devrait être en mesure de renouer avec le profit à l'horizon 2009, un an plus tard que prévu à l'origine.

D'ici là, toutefois, la concurrence très vive des constructeurs asiatiques aura vraisemblablement fait glisser la part de marché de Ford aux États-Unis sous la barre de 15 %, alors qu'elle se situe actuellement à près de 17 %. Après l'annonce de vendredi, l'action du constructeur a subi une forte baisse sur les marchés boursiers.

Nouveaux modèles, nouvelles stratégies

En contrepartie, Ford a annoncé vendredi que son usine d'Oakville, en Ontario, serait chargée de la production d'un nouveau véhicule hybride, à la fois voiture et mini-fourgonnette, d'une capacité de sept personnes. Le nouveau véhicule serait lancé en 2008.

2008 devrait aussi marquer la sortie d'un nouveau modèle de camionnette F-150, a dit l'entreprise. Ford a également annoncé que 70 % de ses produits Ford, Lincoln et Mercury seront remplacés ou améliorés, en terme de volume, d'ici la fin de 2008, et que ses véhicules seront livrés plus rapidement.

« Le modèle d'affaires qui a fait notre succès dans le passé ne fonctionne plus », a admis le vice-président de Ford pour l'Amérique du Nord, Mark Fields.

Le 5 septembre dernier, Alan Mulally, ancien cadre du constructeur aéronautique Boeing, a succédé à Bill Ford Jr. au poste de directeur général de l'entreprise. Ce dernier est maintenant le président du conseil d'administration de Ford.

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