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  |  Sonia Duguay  |  Radio-Canada

Chaque fois qu'une entreprise québécoise ou canadienne passe aux mains d'étrangers, cela soulève des inquiétudes. On se demande alors si les fleurons du Québec inc. ne sont pas sur le point de disparaître.

Il faut cependant rappeler que pour chaque entreprise québécoise comme Maax ou Sico qui est vendue à des étrangers, de nombreuses compagnies américaines et étrangères passent aux mains de sociétés du Québec. Même chose au Canada anglais. Les données compilées par la firme Financial Post Crosbie montrent d'ailleurs que les acquisitions d'entreprises américaines par des sociétés canadiennes sont beaucoup plus nombreuses que l'inverse.

Croissance de l'emploi de 1990 à 2003

Pas une année ne passe sans qu'une société québécoise ne réalise une acquisition d'envergure aux États-Unis ou ailleurs dans le monde. Cette expansion a permis à des entreprises comme Bombardier, Quebecor, Couche-Tard, Jean Coutu, Saputo et Garda de devenir des chefs de file dans leur secteur.

Après avoir pris le contrôle de leur économie depuis la Révolution tranquille, les entrepreneurs du Québec sont passés en deuxième vitesse : ils se lancent à la conquête des marchés étrangers. Et l'un des plus importants se trouve au sud de la frontière.

L'ouverture des marchés et, en particulier, l'entrée en vigueur de l'Accord de libre-échange avec les États-Unis, en 1989, suivi de l'ALENA, ont ouvert la voie à ce mouvement d'expansion.

Dans plusieurs cas, le développement s'est d'abord fait en réalisant des acquisitions dans d'autres provinces, puis les sociétés québécoises ont traversé la frontière pour assurer leur croissance. Les prochaines à franchir le Rubicon pourraient bien être le détaillant en produits de rénovation Rona et l'assureur Industrielle Alliance, qui ont déjà annoncé leur intention d'aller jouer dans la cour des Américains.

L'expansion aux États-Unis a transformé radicalement le visage de plusieurs entreprises québécoises. La chaîne de dépanneurs Couche-Tard réalise maintenant plus de 75 % de son chiffre d'affaires en sol américain. Dans le cas de Jean Coutu, cette proportion grimpe à 85 %. Et ce vaste mouvement d'expansion n'est pas sur le point de s'essouffler. L'appréciation du dollar canadien face au billet vert pourrait l'accentuer davantage , car elle rend les acquisitions aux États-Unis beaucoup moins coûteuses.