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Économie et affaires

Mise à jour le lundi 20 mars 2006 à 17 h 56
Envoyer à un ami

Hydro-Québec

46 contrats sans appel d'offres

André Caillé

André Caillé (archives)

Radio-Canada a appris que pendant 8 ans, Hydro-Québec et ses filiales avaient accordé sans appels d'offres 46 contrats à la firme d'un ami de son ex-PDG, André Caillé.

L'affaire a entraîné une enquête du vérificateur général de la société d'État. Celui-ci a conclu que les contrats avaient été accordés sans respecter les règles d'attribution et avaient été mal gérés, mais que M. Caillé n'avait rien à se reprocher.

Le 11 mars 2004, une lettre anonyme est tombée sur le bureau de la secrétaire d'Hydro-Québec, Marie-Josée Nadeau. L'auteur affirmait qu'Hydro et certaines de ses filiales ont accordé des contrats à un ami de M. Caillé.

Marie Archambault

Marie Archambault, porte-parole d'Hydro-Québec

« La direction a pris acte et il y a tout de suite eu un mandat qui a été confié au vérificateur général », raconte la porte-parole d'Hydro, Marie Archambault.

Après enquête, le vérificateur a constaté que 46 contrats valant près de 5,5 millions de dollars ont été accordés à la firme d'un ami de M. Caillé, Jean-Pierre Mathieu. Geomar international a commencé à décrocher ces contrats en 1996 et jusqu'au début de l'enquête, en 2004.

L'enquête a toutefois montré que M. Caillé avait demandé à plusieurs reprises à ses cadres de ne pas tenir compte de son amitié avec M. Mathieu.

« M. Caillé a expressément demandé, justement en mai 2002, que pour éviter toute apparence de conflit d'intérêts, il n'y ait plus de contrats donnés à Geomar », indique Mme Archambault. Malgré tout, sept autres contrats ont encore été attribués à la firme.

« Un manque important de rigueur »

Le vérificateur général a conclu que M. Caillé n'avait pas usé de son influence et que les honoraires de Geomar étaient justifiés. Par contre, il souligne d'importants et nombreux manquements aux règles et aux politiques de gestion d'Hydro-Québec, ce qui a mené au départ du gestionnaire responsable.

« Tous les contrats ont été attribués sans appel d'offres [...] et sans comparaison de prix avec des firmes concurrentes », souligne le rapport du vérificateur général. « Nous constatons un manque important de rigueur. [...] Les factures sont autorisées sans aucune vérification. »

Extrait du rapport du vérificateur général

« Pour plusieurs mandats, la facturation excède les montants autorisés », poursuit le document. « Tous les contrats ont été attribués sans appel d'offre [...] et sans comparaison de prix avec des firmes concurrentes. »

Le rapport ajoute que « les factures sont autorisées sans aucune vérification » et que, « pour plusieurs mandats, la facturation excède les montants autorisés ».

Un exemple: un dépassement de coûts de près de 600 000 $ pour un contrat de 1,6 million. « Cela a mené à la rupture du lien d'emploi entre Hydro-Québec et le gestionnaire concerné », indique Mme Archambault.

Ce gestionnaire, Jean-René Marcoux, dirigeait CapiTech, la filiale technologique d'Hydro-Québec. Joint au téléphone, il a indiqué que son style de gestion, plus près de l'entreprise privée, tranchait avec la gestion bureaucratique de la société d'État.

Jean-Pierre Mathieu a refusé de répondre aux questions de Radio-Canada, mais soutient que ses services ont été fournis avec compétence et intégrité. Les contrats les plus importants accordés à Geomar concernaient le projet de véhicule électrique d'Hydro-Québec, qui a coûté des millions et qui n'a jamais pris la route.


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