
Prix des vins
![]() |
Des sources gouvernementales croient que la Société des alcools a commis une faute lorsqu'elle a proposé à ses fournisseurs européens, touchés par la baisse de l'euro, de maintenir leurs prix artificiellement élevés, affirme La Presse dans son édition de vendredi.
En outre, poursuit le quotidien, on retrouve dans les procès-verbaux du conseil d'administration de la SAQ une allusion explicite à cette pratique, qui a consisté à ne pas laisser les consommateurs profiter automatiquement de la baisse du taux de change.
En principe, la négociation des prix par les employés du service aux achats devrait découler d'une modification à la politique de commercialisation de la société, qui, elle, doit en principe obtenir l'aval du conseil d'administration.
Si de telles pratiques sont courantes dans le secteur de l'alimentation, où les entreprises se livrent une concurrence, la SAQ est de son côté en situation de monopole. Dans un tel contexte, le fait que la SAQ ait négocié pour maintenir des prix élevés contreviendrait à la loi fédérale sur la concurrence.
En maintenant des prix élevés, affirme La Presse, « les dirigeants de la SAQ s'assuraient du maintien du chiffre d'affaires de la société, qui dicte la hauteur des primes annuelles qui peuvent atteindre 40 % de leur salaire ».
Rappel des faits
La SAQ s'est retrouvée au coeur d'un scandale, en décembre dernier, quand le quotidien a révélé que la société d'État avait invité plusieurs de ses fournisseurs européens à augmenter leurs prix peu avant les fêtes. En échange de cette augmentation, la SAQ a reçu une ristourne de 2,5 %, destinée à contrer l'impact négatif de la hausse du dollar canadien par rapport à l'euro sur son chiffre d'affaires.
Une majorité de fournisseurs aurait refusé la proposition de la SAQ, arguant que la baisse des prix de leurs vins sur les tablettes pouvait leur permettre de rattraper la concurrence australienne et américaine. La SAQ a initialement nié les faits, avant d'annoncer une baisse du prix de quelques centaines de vins européens.
La SAQ a lancé une enquête, en cours depuis une semaine, pour déterminer la responsabilité exacte des employés et des dirigeants de la société d'État. L'enquête a été confiée à la société externe KPMG, qui devrait rendre son rapport la semaine prochaine. Deux hauts dirigeants de l'entreprise, Alain Proteau, vice-président aux achats, et Laurent Mériaux, vice-président à la commercialisation, arrivé à la SAQ, ont été mis en congé avec solde le temps de l'enquête.
Selon La Presse, ce serait à la demande du ministre des Finances, Michel Audet, que le président de la SAQ, Sylvain Toutant, a décidé de demander une enquête.
Quels sont les mécanismes qui encadrent les dépenses des sociétés d'État au Québec?
Un dossier sur les tendances lourdes qui frappent les secteurs de l'information, de la fiction et de la musique