Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

En profondeur

Pas de trêve en vue

Mise à jour le lundi 8 mai 2006 à 13 h 49
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Pas de trêve en vue

La question que tout le monde se pose maintenant, c'est: jusqu'où ira cette escalade des prix? Difficile de répondre, mais une chose est sûre, l'ère du pétrole à bon marché est derrière nous.

Kevin Norris, de Barclays Capital, affirmait à l'agence France Presse, en 2005, que « dans un contexte de production menacée par des ouragans et par des tensions géopolitiques croissantes, les prix du pétrole sont voués à progresser ».

L'économiste en chef adjoint de la Financière Banque Nationale, Stéfane Marion, croit que les prix du brut se maintiendront autour des 60 $ US le baril en 2006.

Il estime que l'Arabie-Saoudite devrait augmenter ses capacités de production au cours des prochaines années. "Si c'est le cas, cela contribuera même à ramener les prix autour des 50 ou 55 $ US le baril", nous a déclaré M. Marion.

L'économiste en chef et stratège de CIBC Marchés mondiaux, Jeffrey Rubin, est beaucoup moins optimiste. Il prévoyait, en 2005, que « le prix du baril de pétrole touchera les 100 $US le baril d'ici 2010 et que le prix moyen restera à 77 $US le baril d'ici là ». (2)

Un autre choc pétrolier?

Sommes-nous au coeur d'un nouveau choc pétrolier? Non, répond Stéfane Marion.

Certes, le prix du brut a bondi de plus de 60 % entre septembre 2004 et septembre 2005, mais une fois ajusté à l'inflation, ce prix est encore inférieur aux niveaux atteints pendant la crise pétrolière des années 70, affirme l'économiste.

Selon M. Marion, pour franchir le seuil du choc pétrolier qui a suivi la révolution iranienne, il faudrait que le prix du brut négocié à New York se situe entre 90 $US et 100 $US le baril. À 75 $US le baril, nous n'avons donc pas encore atteint ce niveau.

Comme on le voit sur ce graphique, si l'on tient compte de l'inflation, le prix du brut (en dollars constants) n'a pas atteint le niveau des années 70.

L'économiste précise toutefois qu'il en est autrement du prix de l'essence qui, lui, a dépassé (en dollars constants) les niveaux atteints durant la crise pétrolière des années 70 et 80.