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La spirale des cours du pétrole fait ressurgir les craintes d'une récession mondiale.
Jusqu'à maintenant, l'explosion des prix du pétrole n'a pas trop pesé sur l'économie mondiale, car les grands pays industrialisés sont beaucoup moins dépendants du pétrole qu'ils ne l'étaient lors des chocs pétroliers des années 70 et 80.
En 2003, la part du pétrole dans la consommation totale d'énergie des 30 pays riches de l'OCDE est tombée à 52,7 %, par rapport à 56,7 % en 1973, selon l'Agence internationale de l'énergie.
L'économiste en chef adjoint de la Financière Banque Nationale, Stéfane Marion, estime qu'un baril de pétrole à 80 $ US ne plongera pas l'économie mondiale en récession, mais il croit que cela ralentira certainement la croissance.
En 2004, l'ascension du brut (+32 %) a amputé la croissance économique mondiale d'un point de pourcentage, selon Moncef Kaadi, directeur de recherche chez Ixis CIB.
Le Fonds monétaire international (FMI) fait toutefois remarquer qu'à plus de 4 %, la croissance économique mondiale demeure soutenue depuis 4 ans malgré la hausse du prix du pétrole.
Europe
Dès 2005, les autorités monétaires européennes manifestaient néanmoins leur inquiétude.
Le président de la Banque centrale, Jean-Claude Trichet, a déclaré, au mois d'août 2005, que la croissance économique en Europe était menacée par la hausse du prix du pétrole et le faible niveau de confiance des consommateurs.
Selon Moncef Kaabi, si le brut se maintient à 74 $ US le baril- ce qui inclut des pics à 85 $ US - cela pourrait freiner la croissance en Europe, la faisant passer de 2 à 1 % en 2006. Une croissance aussi faible ne permettrait aucune création nette d'emplois, estime M. Kaabi. (1)
États-Unis et Canada
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Jusqu'à maintenant, l'économie américaine - l'une des deux locomotives de la croissance mondiale avec la Chine - n'a pas trop souffert de la flambée des prix du pétrole. Mais la flambée des prix de l'essence, du mazout et du gaz naturel demeure un facteur de risque important pour l'économie américaine.
Si la croissance devait ralentir chez notre principal partenaire commercial, cela aurait, bien sûr, un impact chez nous. 85 % de nos exportations aboutissent aux États-Unis. Comme le dit l'adage : lorsque les Américains toussent, le Canada éternue.
Cela dit, la plupart des analystes croient qu'à 80 $ US le baril, la vigoureuse économie américaine pourra absorber le choc.
Facteur de risque: L'Iran
Pusieurs économistes, comme Stefane Marion, rappellent cependant qu'une aggravation des tensions entre l'Iran et les États-Unis sur la question du programme nucléaire iranien pourrait changer la donne.
"Si les Américains décidaient d'intervenir militairement en Iran, le prix du brut pourrait grimper jusqu'à 100 $ US en cas de rupture d'approvisionnement du pétrole iranien sur les marchés", nous a déclaré M. Marion.
À 100 $ US le baril, les risques de récession mondiale seraient alors réels selon M. Marion.
Il ne fait aucun doute que la situation demeure préoccupante, même si, pour l'instant, ces risques sont écartés.
(1) La Tribune, 24 avril 2006, p. TR-29