Dix-huit dirigeants de grandes entreprises canadiennes comme Shell, Alcan, Bombardier, Desjardins et Power Corporation, ont écrit au premier ministre Paul Martin pour que son gouvernement agisse avec plus de détermination dans la lutte contre les changements climatiques.
Des chefs de grandes entreprises canadiennes demandent à Ottawa d'établir une stratégie pour renforcer la lutte contre le réchauffement de la planète au-delà de l'expiration du protocole de Kyoto.
Ils demandent notamment d'élaborer une stratégie énergétique à long terme, tout en respectant les champs de compétence des provinces et territoires et en assurant le maintien d'une économie concurrentielle.
Ils demandent également d'investir dans l'énergie renouvelable et de mettre à contribution les consommateurs. Il s'agirait d'une politique qui placerait le Canada à l'avant-garde des nouvelles technologies d'énergie de transformation.
Ces dirigeants ont écrit cette lettre à la suite de leur rencontre avec M. Martin lors du Forum de la grande entreprise sur les changements climatiques, en octobre dernier.
Le premier ministre avait invité les participants à fournir au gouvernement des recommandations sur la façon de faire progresser les négociations sur les changements climatiques à l'échelle internationale et au Canada.
Cette lettre est publiée à moins 10 jours de la Conférence sur les changements climatiques qui se tiendra à Montréal. Les participants vont discuter pour la première fois des suites à donner à Kyoto après l'expiration de l'accord en 2012.
Les groupes environnementalistes ont applaudi cette initiative du monde des affaires.
Le Canada montré du doigt
Selon un rapport du secrétariat des Nations unies pour le changement climatique, le Canada est le pays qui risque d'avoir le plus difficulté à respecter l'accord de Kyoto.
En 2003, il a augmenté de 24 % ses émissions de gaz à effet de serre comparativement à 1990, alors qu'il doit les réduire de 6 % d'ici 2008-2012. En Europe, l'Espagne fait mauvaise figure avec une hausse d'un peu plus de 40 % de ses rejets de gaz à effet de serre.