Ronald Reagan devient de plus en plus actif sur la scène
politique au cours des années 50. Même s’il
ne devient officiellement membre du Parti républicain qu’en
1962, il soutient publiquement le candidat républicain
Dwight Eisenhower pour les élections présidentielles
de 1952 et de 1956. Il intervient également, en 1960, pour
défendre Richard Nixon, alors en campagne contre John F.
Kennedy.
Mais c’est un discours qu’il prononce à la
télévision en 1964, en faveur du candidat républicain
à l’élection présidentielle, Barry
Goldwater, qui le propulse sur la scène politique nationale.
Ce texte intitulé « A Time for Choosing » fait
appel à des formules simples, percutantes, qui mettent
de l’avant les valeurs conservatrices chères au futur
président. Cette apparition télévisée,
ignorée par les grands médias, plaît néanmoins
au grand public américain. Cet engouement se traduit par
le versement d’environ 1 million de dollars en contributions
partisanes au Parti républicain. « Cette nuit-là,
tout simplement, une star politique était née »,
écrit Pierre Mélandri.
Extraits du discours télévisé de 1964 :
« Vous et moi avons rendez-vous avec
le destin. »
« Il y a aujourd’hui 2,5
millions de fonctionnaires fédéraux. Personne
ne sait ce qu’ils font tous. Un parlementaire a découvert
ce que l’un d’eux faisait. Cet homme est assis à
son bureau, à Washington. Il reçoit des documents
tous les matins. Il les lit, les paraphe et les transmet au
service concerné. Un jour, un document lui parvient qu’il
n’était pas censé lire, mais il le lit,
le paraphe et le fait passer. Vingt-quatre heures plus tard,
le document revient sur son bureau accompagné d’une
note disant : “Vous ne deviez pas lire cela. Effacez vos
initiales et paraphez l’effacement.” »
« Il n’y a pas longtemps, deux
de mes amis parlaient à un réfugié cubain.
C’était un homme d’affaires qui avait fui
Castro. Au beau milieu du récit de ses affreux malheurs,
un de mes amis s’est tourné vers l’autre
et a dit : “Nous ne connaissons pas notre bonheur.”
À quoi le Cubain a répliqué : “Votre
bonheur? Moi, j’avais un endroit où me réfugier.”
Et par cette phrase, il racontait tout. Si la liberté
est perdue ici, il n’y aura plus aucun endroit où
se réfugier. »
Devant ce succès médiatique, des membres influents
du Parti républicain invitent Ronald Reagan à se
porter candidat au poste de gouverneur de la Californie. Il n’a
pas d’expérience politique, mais sa personnalité
séduit les électeurs, charmés par son authenticité,
sa gentillesse et son sens de l’humour. Sa campagne électorale
met de l’avant des idées ultraconservatrices, comme
la critique des dépenses de l’État et du pouvoir
du « Big Government », ainsi que la réduction
des services sociaux.
Ronald Reagan est élu gouverneur de la Californie le 8
novembre 1966. Sa victoire sur le démocrate Edmund G. (Pat)
Brown, qui a occupé ce poste pendant huit ans, est éclatante
: Reagan remporte l'élection par plus de 1 million de voix.
Il sera réélu pour un second mandat le 3 novembre
1970 et demeurera en poste jusqu’en 1975.
Durant ses deux mandats de gouverneur, Reagan réussit à
effacer le déficit important hérité du démocrate
Brown, et il procède à une réforme des programmes
sociaux. Sa gestion de la Californie fut à l’image
de celle qu’il exerça plus tard à titre de
président des États-Unis : délégation
des affaires gouvernementales quotidiennes aux bureaux concernés,
souci du consensus au sein de ses équipes, accent mis sur
les enjeux plus larges de la politique.