| Militante pour la reconnaissance d'un statut des
femmes en Iran, Shirin Ebadi est connue pour ses convictions selon
lesquelles les droits de l'homme, la démocratie et l'égalité
peuvent coexister harmonieusement avec l'islam.
| À l'étranger,
elle ne porte pas le voile et s'habille à l'occidentale.
Elle dit toutefois ne pas faire campagne contre le tchador,
estimant qu'il y a beaucoup plus important à faire. |
Titulaire d'une maîtrise en droit de l'université
de Téhéran, Shirin Ebadi devient, en 1974, la première
femme juge en Iran. Elle siège pendant quatre ans comme présidente
de la cour de Téhéran. Peu après la révolution
islamique de 1979 marquée par le retour de l'imam
Khomeiny et l'instauration de la République islamique elle
est contrainte de quitter son poste, les ayatollahs ayant décrété
que les femmes étaient trop émotives et irrationnelles
pour diriger un tribunal.
Elle
reprend alors sa carrière d'avocate, enseigne le droit à
l'université de Téhéran et travaille avec un
grand juriste iranien, Karim Lahidji, aujourd'hui réfugié
à Paris où il préside la section iranienne
de la Fédération internationale des droits de l'homme
(FIDH).
L'avocate accepte rapidement des dossiers délicats, qui
concernent la défense des droits de l'homme, des femmes et
des enfants. Elle dirige notamment le combat pour la reconnaissance
du statut des femmes.
« La culture
patriarcale est le plus grand adversaire des droits de la femme
dans les pays orientaux, spécialement en Iran. »
— Shirin Ebadi
« Je vis dans
un pays où mon mari peut me mettre à la porte
quand il veut et m'enlever mes enfants. »
— Shirin Ebadi, dans une entrevue accordée au Globe
& Mail en 1998
Fondatrice de l'Association pour les droits des enfants en Iran,
elle a en particulier enquêté sur une série
de meurtres d'intellectuels et d'opposants en 1998 et 1999, à
la suite d'émeutes estudiantines. Son engagement lui a valu
plusieurs séjours en prison et d'être souvent menacée.
Une chose plutôt commune dans une société musulmane
ultraconservatrice, où une femme qui se bat pour les droits
de l'homme est plutôt mal vue.
| Une
militante courageuse
En 1998, Mme Ebadi représente les
intérêts des familles des opposants libéraux
Darioush Parvaneh et son épouse Forouhar, assassinés.
Elle
travaille également activement à révéler
ce qui s'est passé en 1999, à l'université
de Téhéran, lors d'une attaque par les forces
de l'ordre et le Hezbollah, où plusieurs étudiants
sont morts. En juin 2000, elle est emprisonnée 25 jours
en isolement total à la prison d'Evine, pour avoir
diffusé un témoignage sur la mort d'un étudiant
tué lors des émeutes. En septembre 2000, elle
est condamnée à 15 mois de prison avec sursis
et à 5 ans d'interdiction de pratiquer son métier
d'avocate.
« Toute
personne qui s'occupe des droits de l'homme
en Iran vit dans la peur de la naissance à la mort.
Mais j'ai appris à surmonter ma peur »,
déclara-t-elle en 1999. |
En butte aux conservateurs et désireuse de vouloir faire
bouger les choses, Shirin Ebadi choisit, lors de la présidentielle
de 1997, le camp du président réformateur Mohammad
Khatami. Elle jouera d'ailleurs un rôle important dans la
victoire de celui-ci, parvenu au pouvoir largement grâce à
l'électorat féminin.
Politiquement, Mme Ebadi est proche du Front national,
mouvement nationaliste de centre gauche et laïc (interdit).
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