L'après-Trudeau :
la défaite cinglante
Quand Pierre Elliott Trudeau annonce qu'il se retire
de la politique en 1984, Jean Chrétien est fin prêt
à faire le saut et à devenir chef du Parti libéral.
En fait, il n'en peut plus d'attendre. Après des années
de loyaux services dans de nombreux ministères, il se sent
aguerri. Cependant, très étroitement associé
à l'héritage Trudeau, Jean Chrétien traîne
un lourd handicap.
L'homme
de Trudeau n'incarne pas le changement, le renouveau nécessaire
pour donner un élan au parti. Un autre élément
joue contre lui : la règle, implicite, de l'alternance,
qui veut qu'un chef de parti anglophone succède à
un francophone.
Pourtant, Chrétien est à cette époque
au meilleur de sa combativité. Il se dit prêt à
se mesurer aux forces du Parti québécois, qui dominent
dans cette province : « S'ils veulent négocier
avec Chrétien comme premier ministre pour l'indépendance,
ça va être le fun ! » (avril
1984, pendant la course au leadership)
C'est la défaite cinglante devant John Turner,
une défaite qu'il aura beaucoup de mal à accepter,
et qui le plongera un temps dans la dépression.
L'unité du Parti libéral ne se fait
pas derrière le nouveau chef et, le 27 février 1986,
après deux années dans l'opposition, Jean Chrétien
démissionne en réaffirmant sa loyauté à
Pierre Elliott Trudeau.
Se retirant un temps de la vie publique, de mars
1986 à juin 1990, Jean Chrétien exerce son métier
comme avocat-conseil au cabinet de Lang Michener Lawrence et Shaw,
qui possède des bureaux à Toronto, Ottawa et Vancouver. Il occupe
aussi le poste de conseiller principal auprès de la Corporation
Gordon Capital à Montréal.
Faire peau
neuve : la deuxième vie politique de Jean Chrétien
Malgré la défaite, l'appel de la
politique cette seconde nature pour Jean Chrétien
est irrésistible.
La débâcle de John Turner survient
plus vite que prévu, aidée, écriront certains,
par les alliés politiques de Jean Chrétien qui travaillent
dans l'ombre pour préparer son retour. Il revient en effet
et, cette fois, tout joue en sa faveur. Bien que ses adversaires
le présentent comme un homme du passé, Jean Chrétien
affirme incarner un avenir radieux dans un Canada unifié.
« Il faut empêcher que l'échec
d'un homme, d'un gouvernement, ne devienne l'échec de tout
un pays. » (1990)
Le
23 juin 1990, Jean Chrétien est élu chef du Parti libéral du Canada.
Il remporte le siège de Beauséjour, au Nouveau-Brunswick, à l'élection
complémentaire du 10 décembre 1990, puis est assermenté comme
chef de l'opposition le 21 décembre suivant.
Il est réélu
député dans la circonscription de Saint-Maurice le 25 octobre
1993, date à laquelle le Parti libéral remporte une majorité de
sièges à la Chambre des communes.
Le
Parti libéral du Canada

Le programme
et quelques principes
- Le Canada sera un pays d'avant-garde.
- Le Canada aura des citoyens
en santé et un environnement sain.
- Le Canada aura des communautés
dynamiques.
- Les Canadiens et les Canadiennes
seront de fiers citoyens au Canada et à l'étranger.
Source :
site du Parti libéral
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Le premier mandat
Jean
Chrétien est assermenté à titre de premier ministre du
Canada le 4 novembre 1993.
Dans son premier mandat, Jean Chrétien revient
sur des principes définis pendant la campagne électorale.
Dans un revirement, son gouvernement, qui luttait contre l'Accord
de libre-échange, finit par embrasser l'entente commerciale
avec les Américains.
Le gouvernement s'affairera aussi au nettoyage
des finances publiques, un mouvement déjà amorcé
par le gouvernement Mulroney.
On crée le programme d'infrastructures :
Jean Chrétien promet de ramener les chômeurs au travail
en investissant des milliards dans des travaux de voirie, en collaboration
avec les provinces.
Mais, diront ses adversaires, deux grandes promesses
électorales de Jean Chrétien (abolition de la très impopulaire
taxe sur les produits et services, et fin de l'Accord de libre-échange
nord-américain) n'ont pas été tenues.
À ce sujet, il a dit : « Je
vous le dis. La TPS s'en va. C'est un engagement et je vais m'attirer
des problèmes si je ne le respecte pas. » Puis, une
fois élu : « Je ne vous ai pas menti, c'est que
vous m'avez mal compris. »
Dossier constitutionnel
En 1994, le Parti québécois est porté au pouvoir.
Le premier ministre Jacques Parizeau dépose aussitôt un avant-projet
de loi sur la souveraineté du Québec. En juin 1995, les forces
souverainistes s’organisent. Elles seront composées du Parti québécois,
du Bloc québécois et de l’Action démocratique du Québec. Ce deuxième
référendum propose aux Québécois un Québec souverain assorti d’un
partenariat économique et politique négocié avec le reste du Canada.
Le 30 octobre 1995, l’option souverainiste échoue de justesse
en remportant 49,4 % des voix contre 50,6 % pour le
camp du NON. Le taux de participation au référendum a dépassé
93 %.
Quelques jours plus tard, le premier ministre
du Canada, Jean Chrétien, annonce que si le OUI l’avait remporté
avec une majorité qu’il aurait jugée trop faible, il aurait volontairement
bloqué le processus de sécession du Québec.
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Distinction
Le premier ministre Jean Chrétien
a reçu, à New York, un prix des Nations unies et du Roosevelt
Institute pour les efforts déployés par le Canada à l'égard
des personnes handicapées. On a notamment souligné le programme
fédéral destiné à améliorer les chances d'emploi, le transport,
l'hébergement et l'instruction des personnes handicapées,
ainsi que la campagne pour l'interdiction des mines antipersonnel.
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