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L'universalité, à la base de notre
système de santé
Des soins de qualité accessibles
à tous : tel est l'idéal vers lequel veut tendre
notre système de santé, un idéal qui semble
de plus en plus lointain. La santé est un domaine de juridiction
provinciale, mais sur lequel Ottawa a un grand contrôle et
qu'il finance en partie. En 1968, les Communes approuvaient la mise
en place d'un régime garantissant l'accessibilité
pour tous les Canadiens à des soins de qualité, qu'ils
soient riches ou pauvres. Cette initiative était évaluée,
à l'époque, à 88 millions de dollars par
année. En 2000-2001, les dépenses totales pour la
santé au Canada étaient de 97,6$ milliards, soit une
hausse de 7,2% par rapport aux dépenses de 91$ milliards
en 1999-2000. Pour 2000-2001, les dépenses totales en matière
de santé se chiffrent à 3,174$ par habitant.
Les cinq grands principes sur lesquels est échafaudée
la Loi
canadienne sur la santé sont l'universalité, la
gratuité, l'égalité, l'intégralité
et la transférabilité.
Aujourd'hui,
des années de déficits et de réductions budgétaires
plus tard, le réseau est plus ou moins à terre :
manque criant de personnel, établissements et équipements
vétustes, manque de lits en centres de soins de longue durée
et, surtout, manque d'argent. Ces éléments, alliés
au vieillissement galopant de la population, rendent brûlante
la question de la survie du système de santé. Les
provinces se voient dans l'obligation de consacrer une part de plus
en plus grande de leur budget à leur réseau, sans
pour autant parvenir à en maintenir la qualité. La
ministre fédérale de la Santé, Anne McLellan,
a récemment convenu qu'il ne faisait aucun doute que le statu
quo en santé au Canada n'était plus possible et qu'il
était impératif que les provinces travaillent avec
elle pour assurer que la réforme se fera dans le meilleur
intérêt de tous les Canadiens et dans le respect des
cinq grands principes énoncés plus haut.
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Avec le vieillissement de la population,
les dépenses en santé augmentent à
un rythme approximatif de 4 % par année.
Plus on vieillit, plus on consomme
des médicaments, dont le coût augmente
en moyenne de 15 % par année au Québec.
En 2025, une personne sur quatre au Québec aura
plus de 65 ans, par rapport à une sur huit en
1996.
En 2000-2001, plus de 30 % du budget
était alloué à la santé
et aux services sociaux au Québec.
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Au
Québec, première mesure sociale d'envergure, le gouvernement
adopte en 1961 un programme public d'assurance hospitalisation qui
assure la gratuité des soins hospitaliers. En 1966, Québec
crée la Commission d'enquête sur la santé et
le bien-être social (commission Castonguay-Nepveu). S'ensuivra
la création de l'assurance maladie, assurant la gratuité
des soins à tout citoyen, et que l'on doit, entre autres,
au ministre libéral de l'époque, Claude Castonguay.
Des commissions d'études pour penser et
panser le système
Dans les plus récentes années, les
gouvernements ont mis sur pied des commissions successives qui se
sont penchées sur la crise de la santé et qui ont
émis des recommandations :
2002 : La plus récente et la plus large
des commissions puisqu'elle touche tout le Canada, la Commission
sur l'avenir des soins de santé au Canada (plus connue sous
le nom de commission Romanow), a été créée
pour émettre des recommandations en vue « d'assurer
la viabilité d'un régime public de soins de santé
qui assure un juste équilibre entre les investissements dans
la prévention et le maintien de la santé et dans les
soins et traitements ». Principalement, le rapport recommande
l'injection de 8,5 milliards de dollars supplémentaires d'ici
2004 et un financement du fédéral de 25 % en
santé d'ici 2005-2006. En tout, le rapport comporte 47 recommandations.
Outre la revue du financement, la commission propose de moderniser
la Loi canadienne sur la santé pour lui donner plus de poids
et redéfinir le principe de transfert ainsi qu'ajouter le
principe d'imputabilité. Elle encourage aussi la création
d'un conseil de santé du Canada et d'une fondation pour la
mise en pace d'un système national de soins à domicile.
Dans le but spécifique de faciliter l'accès aux services
de santé, la commission recommande une meilleure coordination
de la cueillette des données, une gestion coordonnée
des listes d'attente et des « stratégies nationales
exhaustives à long terme » concernant les ressources
humaines. La commission suggère aussi la mise en place d'un
système national de dossiers électroniques personnels
en santé.
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Notre dossier : « Le rapport Romanow »
2001 :
Au Québec, la commission Clair ou Commission d'étude
sur la santé et les services sociaux a effectué
un travail d'une grande ampleur et a produit un rapport majeur dont
s'inspire le gouvernement actuel du Québec dans l'élaboration
de sa politique en santé pour l'avenir. Regroupées
sous 36 recommandations et 59 propositions, près de la moitié
des mesures énoncées portent sur lorganisation
des services (lune des principales préoccupations de
la commission); lautre moitié est partagée entre
le financement, les ressources humaines et la gouverne du système
de santé et de services sociaux. La commission préconise
notamment de mettre sur pied des groupes de médecine familiale
constitués de six à dix médecins avec deux
ou trois infirmières, en CLSC ou en cabinet privé.
Ces groupes se chargeraient de la santé d'un certain nombre
de personnes. Les gens devraient s'y inscrire et bénéficieraient
de services et de soins offerts en permanence, 24 heures sur 24.
Pour affronter ces changements démographiques, la création
d'une caisse d'assurance vieillesse pourrait être une solution.
Tous les contribuables financeraient ce fonds indépendant
du budget de la santé. Ces impôts supplémentaires
seraient plus faciles à accepter, croit-on, puisque les Québécois
investiraient pour leurs vieux jours. Lors des audiences de la
commission, la population s'est prononcée pour un régime
public, universel et gratuit, bien qu'une certaine forme
de partenariat entre les cliniques privées et les hôpitaux
ait été évoquée. À l'issue
des audiences, Michel Clair a indiqué que les Québécois
voulaient des changements significatifs, mais pas de révolution.
Ses détracteurs ont accusé la commission de servir
de locomotive au gouvernement péquiste pour bien préparer
l'opinion publique au changement.
1998 : Au Québec toujours, le Comité
Arpin commandé par Jean Rochon, alors ministre de la
santé et des services sociaux, avait pour mandat de faire
le point sur la complémentarité du secteur privé
dans la poursuite des objectifs fondamentaux du système public
de santé au Québec. Ce mandat a été
confirmé en février 1999 par celle qui lui succéda,
Pauline Marois. Selon les membres du groupe de travail, les efforts
doivent être consacrés en priorité à
améliorer le système public actuel. Ils ont d'ailleurs
fait remarquer que les Québécoises et les Québécois
appréhendent l'érosion du système public de
santé. Les membres du groupe de travail se sont prononcés
pour le maintien des mécanismes actuels en vertu desquels
les médecins ne peuvent offrir sur le marché des services
médicaux déjà assurés par le régime
public de santé sans s'être entièrement désengagés
du régime public d'assurance maladie. Le groupe de travail
estimait par ailleurs qu'il est possible de mieux utiliser les forces
respectives du public et du privé afin de répondre
adéquatement à l'ensemble des besoins de la population.
Tout en préconisant une bonification de la gestion du système
public, auquel les pratiques innovatrices mises au point dans le
secteur privé pourraient servir de modèle, le groupe
de travail proposait que l'on développe le partenariat entre
les deux secteurs.

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