Naissance et jeunesse

Les cloches de la cathédrale St.Paul et 41 coups de canon tirés à Hyde Park et de la tour de Londres saluent, au point du jour, la naissance de la future reine à Londres, le 21 avril 1926. C'est la fille aînée du duc et de la duchesse d'York. Son père, Albert Arthur Frederick George, est le fils cadet du roi George V; sa mère, Élisabeth Angela Marguerite Bowes-Lyon, la fille d'un aristocrate écossais, le 14e comte de Strathmore et Kinghorne. Cinq semaines après sa naissance, elle est baptisée en la chapelle du palais de Buckingham. On lui donne les prénoms de sa mère, Élisabeth; de son arrière-grand-mère, Alexandra; et de sa grand-mère, Mary. Dès lors, il apparaît peu probable qu'elle porte un jour la couronne britannique, destinée au frère aîné de son père, Edward, prince de Galles.

Le bébé devient rapidement l'enfant chéri du royaume. On la surnomme la « petite fille préférée de l'Empire ». Son père entreprend de collectionner les extravagances journalistiques dont sa fille fait l'objet sous le titre de « Les Choses qui ne nous sont jamais arrivées ». Après sa naissance, Élisabeth devient un prénom à la mode pour baptiser non seulement les petites filles, mais aussi toutes sortes d'objets allant du chocolat à la porcelaine, en passant par des hôpitaux et une bande de terre en Antarctique.

Élisabeth passe sa prime jeunesse au 145 Piccadilly, la résidence londonienne de ses parents.

Elle a quatre ans quand elle apprend à monter à cheval. À la naissance de sa sœur Margaret, en 1930, son grand-père, George V, lui offre son premier poney, un Shetland. Toute sa vie, Élisabeth sera une écuyère aguerrie. C'est aussi en 1930 qu'elle commence à étudier le piano, pour lequel on lui reconnaît du talent.

En 1932, ses parents font l'acquisition du Royal Lodge, situé dans le parc du château de Windsor, pour en faire leur résidence d'été. La famille y bénéficie de l'intimité nécessaire à une vie normale. À l'été, la famille prend d'abord des vacances au château de Glamis, en Écosse, la maison où est née la duchesse d'York, avant de se diriger vers Balmoral, plus au nord, où le roi George V passe ses vacances.

La jeune princesse, comme sa sœur cadette, Margaret, reçoit son éducation à la maison. C'est sa mère qui lui apprend à lire et qui l'initie aux classiques de la littérature enfantine de l'époque.

En octobre 1933, Marion Crawford, une Écossaise diplômée de l'université d'Édimbourg, est nommée gouvernante des princesses, avec la responsabilité de superviser leur éducation. Les leçons commencent à 9 h 30 et se terminent à 13 h, tous les jours sauf le dimanche. Élisabeth étudie la grammaire, la rédaction, le latin, le français, l'allemand, la géographie et l'arithmétique. On rapporte qu'elle reste souvent debout pour étudier afin de s'entraîner pour les longues apparitions en public. Elle étudie aussi la peinture, le dessin et la danse.