LES LOIS DE LA RÉFORME MUNICIPALE
PÉQUISTE
Voici un résumé des
différentes lois adoptées à l'Assemblée
nationale du Québec par le gouvernement du Parti québécois
pour encadrer le processus de fusion et de regroupement de la réforme
municipale.
Projet de loi 124
Présenté le 11 mai 2000, sanctionné le 16 juin
2000, ce projet de loi a pour titre : Loi modifiant la Loi
sur l'organisation territoriale municipale et d'autres dispositions
législatives (2000, chapitre 27). Il accorde au ministre
des Affaires municipales et de la Métropole le pouvoir d'exiger
que certaines municipalités locales lui présentent,
dans le délai qu'il prescrit, une demande commune de regroupement,
à défaut de quoi le ministère peut décréter
un regroupement, sur réception d'un rapport d'un conciliateur
ou de la Commission municipale du Québec.
Il accorde à la Commission municipale du Québec le
mandat de procéder, à la demande de la ministre ou
de municipalités, à des études sur les avantages
et les inconvénients des regroupements, sauf dans les régions
métropolitaines de Montréal, de Québec et de
l'Outaouais.
Le projet de loi modifie également le cadre des relations
de travail en gelant, dans les municipalités visées
par les regroupements, le processus de négociations pendant
12 mois à compter de janvier 2001. Il instaure aussi un mécanisme
d'arbitrage afin d'harmoniser les conventions collectives des employés
des villes fusionnées.
Projet de loi 134
Présenté le 11 mai 2000, sanctionné le
16 juin 2000, ce projet de loi a pour titre : Loi sur la
Communauté métropolitaine de Montréal (2000,
chapitre 34). Le projet de loi institue la Communauté métropolitaine
de Montréal. Il détermine notamment le territoire
de la Communauté, son organisation, ses pouvoirs et ses compétences,
ainsi que les règles relatives à l'administration
de ses finances.
Projet de loi 170
Présenté le 15 novembre 2000, sanctionné
le 20 décembre 2000, ce projet de loi a pour titre :
Loi portant sur la réforme de l'organisation territoriale
municipale des régions métropolitaines de Montréal,
de Québec et de l'Outaouais (2000, chapitre 56). Ce projet
de loi institue les nouvelles villes de Montréal, Québec,
Longueuil, Lévis et Hull-Gatineau.
Il détermine le territoire de la nouvelle ville de Montréal,
établit le nombre de conseillers municipaux et de conseillers
d'arrondissement, et il indique la composition et les compétences
de son comité exécutif. Il précise le partage
des compétences entre le conseil municipal et les conseils
d'arrondissement, les aspects fiscaux, la question linguistique
et les effets du regroupement municipal sur la fonction publique
et les relations de travail.
Le projet de loi institue un comité de transition chargé
de voir à l'implantation des nouvelles structures municipales,
et chargé d'organiser les premières élections,
le 4 novembre 2001.
Projet de loi 171
Présenté le 15 novembre 2000, sanctionné
le 20 décembre 2000, ce projet de loi a pour titre : Loi
modifiant la Charte de la langue française (2000, chapitre
57). Ce projet de loi modifie l'article 29.1 de la Charte de la langue
française portant sur la langue de l'administration. Seuls
les arrondissements ou les municipalités dont la majorité
des résidents sont de langue maternelle anglaise (ce qui exclut
les allophones) pourront désormais se prévaloir d'un
statut bilingue.
Sans cet amendement à la Charte, la nouvelle ville de Montréal
pourrait compter deux arrondissements bilingues de plus que les neuf
qu'elle comptera à la fin du processus de fusion, puisque les
arrondissements de Ville-Marie et de Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce
abritent une majorité de citoyens qui parlent une langue autre
que le français.
Le projet de loi 170 prévoit que les 9 arrondissements issus
des 15 municipalités qui jouissaient d'un statut bilingue
avant la fusion pourront conserver ce statut. Six de ces neuf arrondissements
n'y auraient plus droit en vertu du projet de loi 171, soit Dollard-des-Ormeaux,
Dorval, Kirkland, Mont-Royal, Pierrefonds et Roxboro.
Projet de loi 29
Présenté le 15 mai 2001, sanctionné le
21 juin 2001, ce projet de loi a pour titre : Loi modifiant
diverses dispositions législatives en matière municipale
(2001, chapitre 25). Il s'agit d'un projet de loi omnibus qui amende
notamment la Loi sur la réforme de l'organisation territoriale
municipale des régions métropolitaines de Montréal,
de Québec et de l'Outaouais.
Principaux amendements à la Loi sur
la réforme de l'organisation territoriale municipale des
régions métropolitaines de Montréal, de Québec
et de l'Outaouais :
Le projet de loi 29 revoit le mode de désignation des présidents
des conseils d'arrondissement. Dans 10 arrondissements, plutôt
que d'être désignés par leurs collègues,
les présidents seront élus à la majorité
des voix.
Le projet de loi précise le partage de certains pouvoirs
et de certaines compétences entre la ville et les arrondissements.
Les arrondissements se voient attribuer des pouvoirs élargis
en matière d'urbanisme. Les dispositions législatives
réservent par ailleurs au conseil municipal le pouvoir d'autoriser
certains projets d'importance majeure.
En ce qui a trait aux dispositions fiscales, le plafond de 5 %
prévu dans la loi sur la réforme de l'organisation
territoriale ne s'appliquera pas uniquement sur le taux de l'impôt
foncier, mais aussi sur les tarifs exigés par certaines municipalités
pour de grands services comme l'alimentation en eau potable, l'assainissement
des eaux usées, l'enlèvement de la neige, l'élimination
des déchets et la mise en valeur des matières résiduelles.
Le projet de loi autorise le gouvernement à intervenir par
des décrets pour empêcher que la reconduction des planchers
d'emploi actuels ne soit utilisée comme un frein au redéploiement
des pompiers, cols bleus ou cols blancs, d'un arrondissement à
l'autre, au sein d'une nouvelle ville fusionnée, sans ajout
de personnel.
Le projet de loi 29 réduit la période électorale
à 44 jours et impose aux candidats une obligation de divulgation
de leurs dépenses de publicité préélectorales.
Les comités de transition sont tenus de corriger le taux
de taxation de 2001, utilisé comme point de comparaison,
pour neutraliser les baisses d'impôts exceptionnelles accordées
en 2001 par certaines villes opposées aux fusions grâce
à des surplus budgétaires. L'évaluation sera
faite sur la moyenne des cinq dernières années.
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