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Lorsquon pense brevet, on imagine des machines
ou des procédés industriels innovateurs. La
plupart des gens nont pas dobjection à
ce que la propriété intellectuelle dune
invention soit reconnue. Mais lorsquil sagit daccorder
des brevets pour des gènes ou pour des êtres
vivants, on ne retrouve pas la même unanimité.
Dans lensemble, ceux qui sont en faveur
des brevets sur le vivant évoquent des arguments dordre
économique, alors que ceux qui sy opposent le
font davantage pour des raisons philosophiques. Voici quelques-uns
des arguments évoqués.
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Pour :
- En donnant une certaine assurance de rentabilité,
les brevets favorisent linnovation et stimulent
la recherche. Résultat : de meilleurs traitements
médicaux, de meilleurs aliments, de meilleurs
produits.
- De plus en plus, cest le secteur privé
qui investit dans la recherche technoscientifique. Les
entreprises qui investissent temps et argent devraient
pouvoir en tirer profit.
- Les pays qui autorisent les brevets sur le vivant
ont un avantage concurrentiel dans une économie
qui se mondialise.
Contre :
- Ce type de brevets entraîne une perte de respect
pour la vie et les êtres vivants. On transforme
la vie en objet à lusage des humains.
- On nie que les êtres vivants et les créations
de la nature aient une valeur autre quéconomique.
- On usurpe la place de Dieu ou de Mère Nature.
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Certains croient toutefois quon peut modifier
le système des brevets de façon à le
rendre plus juste et plus respectueux de certaines valeurs
de notre société.
Cest ainsi que le Comité consultatif
canadien de la biotechnologie est en faveur des brevets sur
les plantes et les animaux. Il propose toutefois que les agriculteurs
puissent utiliser les graines quils ont récoltées,
sans toutefois les vendre comme semences. Il suggère
également que la loi protège les agriculteurs
dont les champs auraient été accidentellement
contaminés par des semences brevetées. Enfin,
il se prononce en faveur de la reconnaissance des savoirs
traditionnels qui ont servi à mettre au point un produit
breveté.
Au Royaume-Uni, le Nuffield Council on Bioethics
sinquiète de la légèreté
avec laquelle on a attribué des brevets pour des gènes
et des fragments dADN. Il recommande donc que les offices
de brevets soient plus sévères dans lévaluation
des critères de nouveauté, de non-évidence
et dutilité.
Les États-Unis, où sont établis
la majorité des géants de la biotechnologie,
ont jusquà maintenant adopté une attitude
assez libérale dans lattribution des brevets.
On peut se demander si le Canada suivra les traces de son
voisin ou sil adaptera la Loi sur les brevets à
la situation particulière que présentent le
vivant et ses constituants.
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