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Mise à jour le jeudi 29 mars 2012 à 21 h 18
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Tollé dans la fonction publique au sujet des compressions

Larry Rousseau, premier vice-président régional de l'AFPC

Larry Rousseau, premier vice-président régional de l'AFPC

Les fonctionnaires fédéraux dénoncent unanimement les compressions du budget Flaherty 2012-2013, qui entraîneront une abolition de 12 000 postes sur trois ans.

Après les départs volontaires et les départs à la retraite d'employés qui ne seront pas remplacés, il y aura 19 200 fonctionnaires de moins.

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente 600 000 travailleurs, estime qu'en sabrant dans l'appareil gouvernemental, le gouvernement ne favorise pas la croissance économique et la création d'emplois.

« Les conservateurs de Stephen Harper préfèrent utiliser la reprise économique comme excuse pour affaiblir les salaires, les avantages sociaux et les régimes de retraite et pour minimiser les responsabilités du gouvernement à l'égard des travailleurs canadiens », a affirmé le président du SCFP, Paul Moist, par voie de communiqué.

Le syndicat estime qu'Ottawa devrait plutôt miser sur une modification du système fiscal pour renflouer ses coffres. Selon lui, le gouvernement devrait davantage imposer les entreprises rentables et les citoyens les plus riches, lutter contre l'évasion fiscale et abolir les crédits d'impôt inefficaces qui ne profitent qu'aux mieux nantis.

« Nous devons envisager des solutions plus équitables que la réduction des dépenses publiques et la diminution des services sur lesquels les Canadiens comptent tous les jours », a ajouté M. Moist.

De son côté, l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), qui représentent 170 000 personnes, trop d'employés quitteront les bureaux de l'État. « Nous avons des gens qui craignent pour leur avenir, et là, nous avons quand même une confirmation : beaucoup de postes. C'est beaucoup trop, quant à nous », a affirmé Larry Rousseau, premier vice-président régional de l'AFPC pour la région de la capitale nationale.

M. Rousseau minimise par ailleurs les effets des postes perdus par attrition sur le total des pertes d'emplois. « Je ne crois pas qu'on devrait mettre beaucoup l'emphase sur l'attrition parce que ces coupures-là sont spécifiques. Il y a des programmes qui seront coupés, ce sont des gens qui seront coupés, attendons-nous vraiment au pire à ce niveau-là, pas à des scénarios d'optimisme », a-t-il dit.

Le budget prévoit par ailleurs que les fonctionnaires devront contribuer davantage à leur régime de retraite, une mesure qui, selon M. Rousseau, n'a pas fait l'objet de consultations. C'est des coupures au niveau des salaires. C'est à ça que ça équivaut. [...] Nous, le syndicat, on veut négocier les taux et la rémunération des employés, pas les apprendre par la voie législative dans le budget », a-t-il ajouté.

L'AFPC soutient elle aussi que ce budget n'est pas en mesure de favoriser la création d'emplois, comme le soutiennent les conservateurs.

« Ils sont en train d'enlever les [mécanismes] qui ont été mis en place pour assurer l'intérêt public des Canadiens. Tout cela va être balayé pour permettre aux grandes compagnies de faire plus de profits, et on a déjà l'assurance que les profits ne se traduisent pas en création d'emplois », a tranché le chef syndical.