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Mise à jour le vendredi 23 mars 2012 à 17 h 11
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Budget fédéral

Des représentants des aînés inquiets d'éventuels changements aux régimes de retraite

Un texte de François Messier

Nul ne sait à l'heure actuelle si le gouvernement Harper profitera du budget pour annoncer une révision ou des changements au système canadien des revenus de retraite.

La ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, a laissé entendre, au début mars, qu'une hausse de l'âge d'admissibilité aux programmes de sécurité de la vieillesse ne surviendrait pas avant au moins une décennie.

Au Réseau FADOQ (autrefois connu sous le nom de Fédération de l'âge d'or du Québec), on ne cache cependant pas une certaine inquiétude devant cette perspective, propulsée à l'avant-scène par un discours que le premier ministre Harper a prononcé à Davos en janvier dernier. Le système actuel est viable, dit-il, et il n'y a pas lieu de le modifier.

Le directeur général de la FADOQ, Danis Prud'homme

Le directeur général de la FADOQ, Danis Prud'homme

« Toucher soit à l'âge de la pension, soit au mécanisme de prestation universelle, ce n'est pas la bonne façon de faire parce qu'on touche les gens qui ont les salaires les plus petits », affirme le directeur général de l'organisation, Danis Prud'homme.

« Habituellement, ceux qui ont travaillé jusqu'à 65 ans, ce sont ceux qui occupent les emplois les plus difficiles, les emplois les moins bien rémunérés. Quelqu'un qui cogne des clous sur un toit, c'est sûr qu'il ne se rendra pas à 65 ans, encore moins à 67 », explique-t-il.

« L'âge moyen de la retraite au Québec est de 59 ans. Si on hausse l'âge à 67 ans, tous ceux qui se retirent à 59 ans ne seront pas touchés. On parle de tous ceux qui ont des régimes complémentaires ou qui ont des placements parce qu'ils ont eu des emplois rémunérés de façon telle qu'ils vont pouvoir en mettre de côté. On touche seulement la classe de la société qui est moins bien rémunérée, qui occupe souvent des emplois plus difficiles physiquement. On [va] créer deux classes de gens : les riches qui peuvent se permettre de s'en aller, et les pauvres », dénonce M. Prud'homme.

« Si on veut garder les gens plus longtemps au travail, [...] il faut trouver des mécanismes pour leur trouver des avantages. Est-ce que c'est de réduire les échelles d'impôt quand on atteint 60 ans? Je ne le sais pas. Mais il y a plein de choses qu'on doit se mettre à penser avant de changer l'âge de la retraite », ajoute-t-il.

« Présentement, les employeurs ne gardent pas les employés jusqu'à 65 ans ou très peu », poursuit M. Prud'homme. « Parce qu'ils trouvent - ce sont des stéréotypes, on a prouvé avec des études que ce n'était pas vrai - qu'ils sont moins performants, que les gens manquent plus souvent [des jours de travail], qu'ils ne sont pas au fait des nouvelles technologies. Tout ça en fait, c'est parce que l'employeur n'a pas formé son employé ou n'a pas pris soin de continuer à lui donner des défis. »

Pour M. Prud'homme, un éventuel report de l'âge de la retraite poserait un sérieux problème. « D'un côté, on a les employeurs qui ne sont pas nécessairement sensibilisés à garder les employés plus longtemps qu'il faut, [et de l'autre] on repousse l'âge, alors c'est sûr qu'il y a un trou entre les deux qui va se créer, et les gens vont tomber sur l'aide sociale », avance-t-il.

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, Peter Julian, abonde dans le même sens. « Même les documents internes du gouvernement démontrent que la sécurité de la vieillesse et le régime de rentes sont très soutenables. On a déjà une bonne fondation pour le financement de ces plans de pension. [...] Les tableaux actuariels du gouvernement démontrent que le système des pensions est viable et l'officier parlementaire du gouvernement dit la même chose », fait valoir le député du Nouveau Parti démocratique.