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PC/Archives
Même si tous les partis attaquent le budget, la perspective d'une élection est écartée, en raison de la position libérale. La formation votera contre, mais certains des députés seront absents le jour du vote.
La perspective d'une élection est écartée, même si tous les partis attaquent le budget déposé jeudi par le ministre des Finances, Jim Flaherty.
Les libéraux voteront contre le budget, mais les députés de la formation ne seront pas tous en Chambre lors de la tenue du vote, de façon à ne pas renverser le gouvernement. Au fil des dernières années, le Parti libéral a déjà eu recours à cette stratégie, mais jamais un de ses chefs ne l'a annoncé de façon aussi candide.
M. Ignatieff, qui dit avoir entendu les Canadiens, invoque le fait que la population ne veut pas d'élections pour le moment.
Refusant d'admettre qu'il maintenait les conservateurs au pouvoir parce que son parti n'est pas prêt à affronter l'électorat, M. Ignatieff a argué qu'on pourrait déclencher des élections dans le pays lorsque l'option libérale serait prête. La population verra que le choix est clair entre le « laisser-aller conservateur » et la « vision progressiste de l'avenir du Canada » que proposera son parti.
« Ces gars-là, c'est toujours à court terme, et ils nous préparent un avenir très difficile en 2011 », a-t-il déclaré. « Ils ont choisi la façon la plus brutale de faire des coupures », a déclaré Michael Ignatieff, qui dit craindre qu'elles visent « les services dont les Canadiens ont besoin ».
Il a notamment critiqué les hausses de cotisations à l'assurance emploi pour les employeurs, estimant que cette mesure sera néfaste pour les petites et moyennes entreprises. Il n'y a rien de prévu pour les pensions de retraite malgré le vieillissement de la population, a-t-il également déploré.
Autre critique : les conservateurs consacrent « un grand zéro » à l'environnement et ont même coupé les investissements dans les énergies vertes.
Les néo-démocrates hésitent
Dans un premier temps, le Nouveau Parti démocratique a de son côté ouvert la porte aux négociations, même si son chef estime que le gouvernement « a fait des mauvais choix ».
« [Ce budget] laisse tomber les victimes de la récession : les chômeurs et chômeuses et leurs familles, ainsi que les aînés qui habitent dans la pauvreté », a déploré Jack Layton. Mais il offre « un grand cadeau pour les plus grandes banques, qui ont déclaré aujourd'hui qu'elles ont doublé leurs profits » en réduisant leurs impôts à la hauteur de milliards de dollars, a-t-il dit.
Il a expliqué que sa formation espérait convaincre le gouvernement d'inclure des mesures qui amélioreraient le sort des démunis.
Dans un deuxième temps, le chef adjoint du NPD, Thomas Mulcair, a révisé la position de la formation, après que le chef libéral eut énoncé sa position. M. Mulcair a ainsi fait savoir à demi-mot que les néo-démocrates s'opposeraient au budget.
Le Québec est perdant, juge le Bloc
Beaucoup plus catégorique, le Bloc québécois a indiqué qu'il votera contre le budget. « Il y a beaucoup choses inacceptables, beaucoup de choses qu'on ne trouve pas », a déploré le chef bloquiste, Gilles Duceppe.
Il regrette notamment que le gouvernement Harper verse des milliards de dollars à certaines provinces afin qu'elles harmonisent leurs taxes provinciales à la Taxe fédérale sur les produits et services (TPS), mais qu'il ne redonne pas au Québec les 2,2 milliards de dollars qui ont servi à harmoniser sa taxe de vente, il y a 18 ans.
Il a rappelé que le budget prévoyait 4,3 milliards pour l'Ontario, 1,6 milliard pour la Colombie-Britannique et que les provinces maritimes avaient reçu 1 milliard en 1997. « Pour le Québec, qui a été cité en exemple [pour avoir été] la première province à avoir harmonisé sa taxe de vente avec la TPS : zéro, strictement zéro », a-t-il dit.
Le chef bloquiste estime par ailleurs que le Québec sort perdant quand on compare ce qu'il recevra en comparaison avec les autres provinces. Avec ses 170 millions, l'industrie forestière, particulièrement importante au Québec, recevra « 56 fois moins » que l'industrie automobile, basée principalement en Ontario, a-t-il fait valoir.
Alors que le nucléaire ontarien et albertain est subventionné à hauteur de 1 milliard et que l'industrie pétrolière d'Alberta conserve ses privilèges fiscaux de 3 milliards, il n'y a « strictement rien pour l'aéronautique » et « zéro pour l'hydro-électricité », a-t-il laissé tomber.
Autres récriminations : rien n'est alloué à l'aide internationale ou à la culture, alors que le budget militaire continue d'augmenter.