Steven Guilbeault, porte-parole d'Équiterre
Des organisations écologistes ainsi que le Parti vert du Québec déplorent l'absence de mesures à même de favoriser le développement durable.
Le budget du gouvernement Charest est sévèrement critiqué dans le milieu écologiste.
Équiterre constate que, contrairement à ce que Jean Charest a fait miroiter dans son discours inaugural, le Québec vient de manquer une occasion de se démarquer en matière de développement durable.
Steven Guilbeault, porte-parole d'Équiterre, déplore qu'aucun volet écoénergétique n'ait été ajouté au programme de rénovation domiciliaire. « On aurait pu profiter de l'occasion pour réduire de manière durable la facture d'énergie des consommateurs, surtout en période de crise économique », souligne-t-il.
L'organisme critique aussi « l'entêtement du gouvernement à investir dans certains projets routiers nuisibles qui cristalliseront l'étalement urbain, engloutiront des dizaines de milliards de dollars et mobiliseront ressources et main-d'oeuvre ».
Cela dit, Équiterre relève quelques mesures encourageantes, comme l'augmentation de 8,7 % du budget du ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, et le maintien du crédit d'impôt à l'achat de voitures hybrides et électriques.
Manque de vision, selon Greenpeace
Greenpeace est extrêmement déçue par le budget, qui « manque de vision structurante et ambitieuse en matière d'environnement ».
Éric Darier, directeur de Greenpeace au Québec, écrit que « le gouvernement n'a alloué que 8,6 millions de dollars pour faire du Québec un leader en matière de protection de l'environnement et de technologies environnementales ».
Selon lui, l'augmentation du budget du ministère du Développement durable, des Parcs et de l'Environnement « représente une goutte d'eau par rapport à d'autres annonces budgétaires gouvernementales qui n'ont pas grand-chose d'environnemental ».
Greenpeace doute aussi de la pertinence de l'exploration gazière dans le fleuve Saint-Laurent et des congés de redevances de cinq ans offerts à l'industrie. « Pourquoi le gouvernement Charest ouvre-t-il la porte à une énergie polluante, alors que le Québec est si riche en énergie renouvelable et que le défi planétaire est de sortir des énergies fossiles d'ici 2030? » s'interroge Éric Darier.
Du rattrapage, selon Nature Québec
Pour sa part, Nature Québec considère que le plan de relance gouvernemental repose en grande partie sur du rattrapage en matière d'infrastructures. Le porte-parole Harvey Mead estime que cela se traduira à long terme par un endettement structurel.
Les mesures d'aide à la main-d'oeuvre et à la formation professionnelle, ainsi que la construction de logements communautaires sont toutefois applaudies par Nature Québec.
Le Parti vert mécontent
Guy Rainville, chef du Parti du vert du Québec (archives).
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Parti du vert du Québec
Le Parti vert du Québec ajoute sa voix au concert des critiques, affirmant qu'il n'y a pratiquement pas d'investissement nouveau pour encourager une économie durable.
Les 104 millions de dollars alloués aux technologies vertes sont insuffisants aux yeux du chef du parti, Guy Rainville. De plus, il fait remarquer qu'« il n'y a aucune vision en transport collectif qui est pourtant notre force et notre leadership mondial au Québec, alors que 39 % des milliards dépensés en infrastructures iront dans les autoroutes ».
La formation écologiste dénonce aussi « le manque de vision en éducation, alors que les sommes nécessaires pour lutter au décrochage brillent par leur absence ».
Le Parti vert juge également que le montant prévu pour la construction des logements sociaux est « minime, bien en dessous des besoins de la population québécoise [...] ».