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Sources : Statistique Canada, Ministère des Finances du Canada, Banque du Canada

Les nouvelles

Mise à jour le mercredi 28 janvier 2009 à 15 h 48
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Réaction de l'opposition

Un sursis pour le gouvernement Harper

Michael Ignatieff rencontrant la presse à Ottawa.

Photo: La Presse Canadienne /Tom Hanson

Michael Ignatieff rencontrant la presse à Ottawa.

Après avoir pris le temps de soupeser ses appuis et de prendre le pouls du caucus libéral, le chef de l'opposition officielle, Michael Ignatieff, a finalement décidé, mercredi, de proposer un compromis au gouvernement Harper.

En effet, le chef libéral Michael Ignatieff met fin au suspense et exige, en échange de son soutien, que les conservateurs ajoutent au budget un amendement qui requiert des rapports périodiques sur les résultats des mesures budgétaires conservatrices.

M. Ignatieff précise que chacun des rapports, en mars, en juin et en décembre, sera une occasion de défaire le gouvernement si les fonds promis ne portent pas fruit ou ne sont pas dirigés vers les bons secteurs.

Nous mettons ce gouvernement en probation. — Michael Ignatieff

Le chef libéral s'est défendu d'avoir choisi de s'allier aux conservateurs, plutôt que de favoriser une coalition avec les néo-démocrates, appuyée par le Bloc. « Le rôle d'une opposition responsable est de les forcer à tenir parole et à respecter leurs engagements, et de les remplacer s'ils ne le font pas », a déclaré M. Ignatieff.

Lors de la période de questions à la Chambre des communes, Michael Ignatieff est revenu à la charge. « Le premier ministre reconnaît-il maintenant qu'il faut un meilleur cadre de reddition de comptes pour assurer la mise en oeuvre des mesures prévues dans son budget? » a-t-il demandé.

Stephen Harper s'est contenté de répondre qu'il fallait s'assurer d'être plus efficace. « Évidemment, je voudrais voir ces mesures mises en oeuvre aussi vite que possible », a-t-il dit.

Michael Ignatieff livrait ensuite son discours officiel de réplique au budget, durant lequel il a répété certaines des faiblesses du plan Flaherty, par exemple le manque d'investissements dans les technologies vertes, les changements à la péréquation et le processus d'attribution des fonds pour les infrastructures. Il déposait ensuite officiellement son amendement au budget.

Pour tout comprendre sur l'amendement, lisez notre nouvelle Procédures parlementaires: l'amendement en question

La coalition est morte et enterrée

Quelques minutes seulement après le point de presse du chef libéral, les deux autres leaders d'opposition à Ottawa, le néo-démocrate Jack Layton et le bloquiste Gilles Duceppe, ont confirmé, avec colère, que la coalition qui réunissait les trois partis était bel et bien morte.

Pour le chef du Nouveau Parti démocratique, Michael Ignatieff a une fois de trop décidé de maintenir au pouvoir le gouvernement de Stephen Harper, confirmant ainsi que le libéral n'est pas, comme l'a affirmé M. Layton, « l'alternative au gouvernement Harper ».

Nous avons une nouvelle coalition sur la colline du Parlement. C'est une coalition entre MM. Harper et Ignatieff. Je peux vous dire que nous nous opposerons à cette coalition à tous les jours. — Jack Layton

Contre les intérêts du Québec, dit Duceppe

Même son de cloche du côté de l'opposition souverainiste du Bloc québécois, Gilles Duceppe qualifiant l'amendement libéral d'« écran de fumée ».

C'est d'ailleurs afin de prendre la défense des intérêts du Québec que Gilles Duceppe déposait mercredi après-midi un sous-amendement calqué sur une motion récente appuyée unanimement par l'Assemblée nationale du Québec.

En entrevue au Réseau de l'information (RDI), M. Duceppe a martelé que le changement de formule de péréquation coûtera 1 milliard de dollars au Québec dès cette année. Il a aussi mentionné que l'aide aux travailleurs forestiers du Québec, 170 millions de dollars, est largement inférieure à celle octroyée aux travailleurs de l'Ontario, dont 2,7 milliards pour l'industrie automobile.

En votant en faveur de ce budget, les libéraux vont aussi voter contre le Québec. — Gilles Duceppe
Motion de l'Assemblée nationale

La motion votée par le Parlement du Québec, voilà quelques jours, exige du gouvernement fédéral qu'il vienne en aide aux travailleurs, aux communautés et aux entreprises touchés par le ralentissement économique. Elle demande au gouvernement fédéral de soutenir financièrement les secteurs en difficulté, notamment les secteurs manufacturiers et forestiers, à l'instar de ce qu'il fait pour l'industrie automobile.

De plus, elle demande la bonification du programme de l'assurance-emploi en assouplissant les critères d'admissibilité et en permettant aux travailleurs en formation de continuer à recevoir leurs prestations.

Elle exige du gouvernement fédéral le maintien du programme de péréquation dans sa formule actuelle et elle réclame l'augmentation et l'accélération des investissements dans les infrastructures, notamment par la réalisation des projets du programme Chantiers Canada.

Et finalement, elle réitère sa ferme opposition au projet de Commission des valeurs mobilières pancanadienne.

Le chef bloquiste a aussi critiqué la répartition des baisses d'impôt, qui privilégient selon lui les plus riches aux dépens des personnes au revenu plus moyen. Il a déploré l'absence de changement des règles d'admissibilité à l'assurance emploi.

Il a rappelé que l'abandon de certains programmes de diffusion de la culture à l'étranger et la création d'une commission nationale des valeurs mobilières sont des mesures qui vont à l'encontre des intérêts du Québec.