En chiffresSources : Statistique Canada, Ministère des Finances du Canada, Banque du Canada |
Les nouvellesMise à jour le vendredi 13 mars 2009 à 10 h 34
Budget Fédéral 2009-2010 Les attentesDernières nouvelles
Avec la présentation de son quatrième budget, le ministre des Finances, Jim Flaherty, affronte deux défis de taille, soit une crise économique mondiale et la survie de son gouvernement minoritaire aux Communes. En novembre dernier, le ministre des Finances a présenté un énoncé économique qui a provoqué une crise de confiance à Ottawa. À tel point que le premier ministre Harper a obtenu de la gouverneure générale, Michaëlle Jean, la prorogation du Parlement jusqu'au 26 janvier. Lundi prochain, la gouverneure générale prononcera un nouveau discours du Trône qui sera suivi le lendemain du dépôt du budget. Les attentes sont grandes compte tenu de l'ampleur de la crise qui touche plusieurs secteurs de l'économie canadienne. Déjà, le gouvernement a annoncé que le pays allait renouer avec les déficits. De plus, Ottawa devrait annoncer de nouvelles dépenses, pour stimuler l'économie, qui devraient peser sur les finances du pays. Les provinces et les municipalités demandent à Ottawa d'investir rapidement dans des projets d'infrastructures pour aider le pays à sortir de la crise. Elles pressent également le gouvernement à accélérer le transfert des sommes destinées à ces projets. Ce n'est pas une surprise de constater qu'au niveau des régions, les attentes sont aussi variées qu'il y a, en fait, de régions dans le pays. D'un côté, les grandes régions industrielles défendent coûte que coûte les entreprises locales qui, souvent, font littéralement vivre la majeure partie de la population. On n'a qu'à penser au sud de l'Ontario pour qui l'effondrement des grands constructeurs automobiles serait tout simplement catastrophique. Et que dire des régions qui dépendent d'une industrie forestière mise à mal par des années de crise et qui voient arriver le présent ralentissement économique avec angoisse? Et les régions urbaines comme celle du Grand Montréal, qui font face elles aussi à des défis de taille, comptent beaucoup sur l'aide du fédéral pour remettre en état des infrastructures collectives qui ont bien souvent souffert d'années de sous-financement. Pour plus de détails, consultez les textes de nos nouvelles régionales sur le sujet: Au cours des dernières semaines, les partis de l'opposition ont fait part de leurs attentes. Parmi les mesures économiques que le nouveau chef du Parti libéral préconise, Michael Ignatieff a déclaré qu'il travaillerait au déblocage rapide d'investissements dans les infrastructures, à l'amélioration du programme d'assurance-emploi et à des réductions d'impôts pour les citoyens les moins bien nantis. Il exclut cependant le recours à des baisses massives d'impôts pour éviter la création d'un déficit budgétaire structurel qui s'éterniserait après la crise. Quant au Nouveau Parti démocratique, il souhaite que le budget comprenne de l'aide financière pour les familles canadiennes, un plan de relance pour les secteurs manufacturier et forestier et des investissements dans les infrastructures. Pour sa part, le Bloc québécois souhaite des mesures d'aide à l'industrie forestière et manufacturière, et non seulement au secteur automobile. Ce budget devrait, selon le Bloc, comprendre des mesures de soutien aux victimes de la crise par une bonification du programme d'assurance-emploi. Quant au soutien à l'industrie automobile, M. Duceppe demande qu'il soit assorti de conditions, notamment de mesures pour empêcher le départ des sous-traitants. Les syndicats souhaitent qu'Ottawa améliore le régime d'assurance-emploi en cette période de crise financière. Pour les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), Ottawa doit injecter des milliards de dollars dans un nouveau programme d'investissement public et dans la création d'emplois dans les secteurs manufacturier et public. Les anciens premiers ministres conservateurs Joe Clark et Kim Campbell ainsi que leurs homologues libéraux Paul Martin et John Turner souhaitent que le prochain budget se concentre sur les mesures de relance économique vertes. Les quatre politiciens ont décidé de joindre leur voix aux environnementalistes de la coalition PowerUp Canada pour demander au gouvernement Harper d'investir massivement dans l'économie verte et de faire front commun avec la nouvelle administration Obama sur cette question. PowerUp Canada appelle ainsi Ottawa à consacrer, dans le cadre d'un plan de relance économique, une enveloppe globale de 41 milliards de dollars sur cinq ans pour encourager la mise en place d'un véritable virage vert. Le groupe, qui dit représenter quelque 850 000 Canadiens, aimerait que le gouvernement Harper offre 18,6 milliards en prêts à faibles taux d'intérêt pour aider financièrement les développeurs d'énergies renouvelables ainsi que les propriétaires désireux d'améliorer l'efficacité énergétique de leurs immeubles. Une autre enveloppe, de 22,7 milliards de dollars celle-là, serait consacrée à des investissements directs en technologie verte, que ce soit au niveau du transport en commun, des infrastructures collectives ou encore pour l'achat de véhicules écoénergétiques. Pour sa part, Équiterre souhaite que le ministre Flaherty investisse massivement dans un ensemble de filières « vertes », notamment pour le développement des infrastructures de transports collectifs et pour augmenter l'efficacité énergétique des bâtiments existants. La Fondation David Suzuki, qui se fait le porte-parole d'une coalition d'une dizaine d'autres groupes écologistes et d'organismes du secteur du transport collectif, demande aussi au gouvernement Harper de combler un manque à gagner de 2,5 milliards de dollars pour améliorer le transport collectif dans la grande région de Montréal. Et l'Association canadienne de l'énergie éolienne, elle, voudrait qu'Ottawa investisse 2,8 milliards sur 15 ans pour relancer une foule de projets éoliens menacés en raison du sous-financement. Option consommateurs appelle le gouvernement conservateur à protéger le pouvoir d'achat des consommateurs canadiens en investissant 3 milliards de dollars dans un programme de stabilisation économique. Ce programme consisterait à doubler le crédit de TPS, à augmenter et à prolonger les prestations de l'assurance-emploi et à augmenter le supplément de revenu garanti aux personnes à faible revenu. La Fédération de l'entreprise indépendante recommande à Ottawa d'éviter les déficits et de réduire les dépenses, d'éviter de créer des programmes d'aide « coûteux » et d'élaborer une politique économique élargie en faveur des PME. Et parlant des PME, l'association BIOTECanada, qui déplore que 50 % des firmes biotechnologiques canadiennes puissent littéralement manquer de liquidités d'ici la fin de l'année, rappelle au gouvernement fédéral l'importance d'investir en recherche et développement. L'industrie forestière, mise à mal au cours des dernières années, craint pour sa part que la crise économique n'entraîne davantage de fermetures dans un secteur déjà fragilisé par la crise du bois d'oeuvre. Les représentants de l'industrie demandent que le budget Flaherty prévoie des fonds pour l'investissement dans des programmes de sylviculture, dans la formation de la main-d'oeuvre ainsi que dans un fonds qui permettrait aux usines de moderniser leur équipement. L'Union des consommateurs, qui estime, à l'instar de nombreux économistes, que les baisses d'impôts ne sont guère efficaces pour relancer l'économie, propose plutôt au ministre Flaherty d'investir dans « des secteurs structurants au plan de la main-d'oeuvre, de la lutte contre la pauvreté et de l'amélioration de la qualité de l'environnement, par exemple, des investissements en éducation, dans le logement social ou dans le transport en commun ». Parlant de logement social, le FRAPRU (Front d'action populaire en réaménagement urbain) profite de la divulgation prochaine du budget pour se demander si Ottawa saura aller plus loin que les 125 millions de dollars par année pendant cinq ans déjà annoncés. Le groupe de pression réclame, en fait, des investissements additionnels de 2 milliards de dollars par année en logement social, une mesure qui permettrait, selon le FRAPRU, de combattre le problème de l'accessibilité aux logements et de relancer du même souffle le secteur de la construction. Les leaders autochtones, réunis au début du mois à Ottawa pour y rencontrer des responsables gouvernementaux et leur faire part de leurs exigences quant au budget, demandent au gouvernement Harper de leur réserver 3 milliards de dollars. Cette enveloppe permettrait, selon eux, de combler une partie des besoins criants qu'ont les communautés autochtones en matière d'infrastructures de base, notamment en terme de logements sociaux et d'accès à l'eau potable. L'Association des collèges communautaires du Canada (ACCC) a soumis, pour sa part, au gouvernement fédéral une liste de 120 projets d'expansion, de modernisation et de rénovation d'établissements collégiaux. L'organisme soutient qu'il pourrait ainsi aider à lutter contre le ralentissement économique. Selon l'Association, des milliers d'emplois pourraient être créés si des fonds (on parle de 2,1 milliards $) étaient alloués à ces projets dans le prochain budget fédéral, qui sera présenté mardi. |
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