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La crise politique : Les nouvelles

Mise à jour le jeudi 31 mai 2007 à 12 h 11
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Crise politique à Québec

Bleus ou rouges, rien ne bouge

Le bras de fer persiste entre libéraux et péquistes à propos du budget du Québec présenté jeudi dernier par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget.

Monique Jérôme-Forget, ministre des Finances

Monique Jérôme-Forget

En point de presse mercredi, en fin d'après-midi, Mme Jérôme-Forget a renouvelé son offre de bonifier de 60 millions de dollars les sommes allouées à la santé et à l'éducation.

La ministre a aussi continué de défendre sa décision d'offrir des baisses d'impôt totalisant 950 millions de dollars aux contribuables québécois. Cette mesure budgétaire est contestée par les partis d'opposition, qui jugent que la somme, provenant essentiellement du règlement du déséquilibre fiscal contenu dans le dernier budget fédéral, devrait servir à d'autres postes de dépenses.

La dernière proposition libérale prévoit l'investissement de 20 millions de dollars supplémentaires pour l'éducation et de 40 millions pour la santé, des sommes qualifiées par Québec de suffisantes, compte tenu du contexte budgétaire actuel.

La ministre Jérôme-Forget a estimé que l'ajout de 20 millions en éducation signifiait l'embauche de 480 professionnels de l'éducation de plus dans les écoles. « Monique Jérôme-Forget a fait son nom sur sa rigueur », a affirmé la ministre, en faisant notamment référence à ses négociations passées avec les employés du secteur public, qui s'étaient soldées par une loi spéciale.

Après avoir qualifié la contre-proposition du PQ de déraisonnable, plus tôt dans la journée, elle a déclaré que les péquistes ne savaient pas ce qu'ils voulaient. Elle a ajouté qu'on ne parlait pas d'argent de casino, mais de celui que gagnent les travailleurs.

La ministre des Finances estime toujours possible de trouver un compromis d'ici vendredi, ce qui permettrait au gouvernement libéral minoritaire de survivre au vote. Signe que la tension monte, toutefois, Mme Jérôme-Forget a lancé un appel au chef de l'opposition officielle, Mario Dumont, pour qu'il participe aux négociations. « Est-ce qu'il essaie de s'en laver les mains? », a-t-elle demandé.

Legault ne bouge pas

François Legault, porte-parole péquiste en matière de finances

François Legault

De son côté, le Parti québécois continue de réclamer que 300 des 700 millions de dollars des transferts d'Ottawa soient destinés à la santé et à l'éducation. Interrogé immédiatement après le point de presse de la ministre, le porte-parole du PQ en matière de finances, François Legault, a martelé que le compromis proposé par les péquistes était raisonnable.

Plus tôt, lors d'un point de presse, M. Legault et le chef par intérim du Parti québécois, François Gendron, avaient détaillé leur contre-proposition.

Le Parti québécois souhaite que la somme soit répartie ainsi:

  • 140 millions en éducation pour les enfants en difficulté
  • 140 millions en santé pour les groupes de médecine familiale et les soins à domicile
  • 20 millions pour les régions ressources

M. Legault propose ainsi au Parti libéral de diminuer les baisses d'impôt prévues pour les individus gagnant plus de 75 000 $ par année. Selon lui, la proposition libérale donnerait une baisse annuelle de 1400 $ à cette catégorie de salariés. Le PQ propose une diminution de ce montant à hauteur de 800 $. Pour les Québécois gagnant moins de 75 000 $, le PQ propose sensiblement la même chose que le PLQ, soit une réduction de 200 $.

Les représentants péquistes se disent convaincus d'avoir l'appui de la population pour le transfert des baisses d'impôts chères au libéraux dans les services à la population. En entrevue en fin d'après-midi, François Legault a répété que personne ne voulait de nouvelles élections, mais que le PQ n'abandonnerait pas ses principes pour autant.

Il a déploré la réponse de la ministre Jérôme-Forget à la proposition péquiste. « De l'argent de casino? Allez dire ça à des gens avec des enfants en difficulté, ou à des gens qui attendent des soins à domicile », a dit M. Legault.

Le porte-parole péquiste a également invité Mario Dumont à discuter avec la ministre pour dénouer cet impasse. Un rejet du budget lors du vote prévu vendredi pourrait entraîner la chute du gouvernement minoritaire de Jean Charest.


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