Le bras de fer entre le gouvernement libéral et l'opposition, qui s'est conclu le 1er juin par un vote assurant le maintien du gouvernement minoritaire de Jean Charest, avait été provoqué par un budget du Québec jugé non conforme aux attentes de l'opposition.
D'intenses négociations entre le gouvernement libéral et les représentants du deuxième groupe d'opposition péquiste à l'Assemblée nationale, sans la participation de l'opposition officielle adéquiste, ont mené à une déclaration ministérielle ajoutant de nouveaux éléments au budget. Les 111 millions additionnels seront financés en augmentant l'impôt des institutions financières et des sociétés pétrolières.
Quelles étaient les attentes de l'opposition? Et comment le budget modifié y répond-il?
Parti québécois
Le PQ proposait à la ministre des Finances de consacrer les 700 millions de dollars reçus d'Ottawa à la santé, à l'éducation et au maintien des crédits d'impôt aux régions-ressources, plutôt qu'aux baisses d'impôt.
François Legault
Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de Finances, François Legault, avait qualifié le budget d' « irresponsable ». Le chef par intérim du PQ, François Gendron, s'était dit pour sa part nettement insatisfait du budget.
Après les modifications apportées vendredi, les péquistes continuaient de déplorer le maintien intégral des baisses d'impôt. Ils ne critiquaient pas toutefois le moyen choisi par la ministre pour financer les crédits supplémentaires, soit de solliciter davantage les banques et les pétrolières.
Au bout du compte, 33 des 36 élus péquistes se sont absentés lors du vote, les trois autres s'opposant au budget. Un geste qui a exprimé une opposition de principe, mais qui a aussi assuré le maintien du gouvernement libéral minoritaire.
Le PQ réclamait trois choses en particulier:
En santé, Québec s'est contenté dans un premier temps d'annoncer la mise sur pied d'un groupe de travail sur le financement de la santé, sans prendre d'engagements concrets. À la suite des négociations avec le PQ, la ministre Jérôme-Forget a ajouté 60 millions de dollars pour permettre à davantage d'aînés de demeurer dans leur milieu de vie, mais aussi pour le financement de groupes de médecine familiale.
Le Parti libéral embauche 800 professionnels au cours des deux prochaines années pour porter à 1800 le nombre de professionnels qui accompagnent les élèves en difficulté. Il investira également 70 millions de dollars dans le service d'aide aux devoirs. Sous la pression des péquistes, la ministre a ajouté un autre 30 millions de dollars pour l'aide aux élèves en difficulté.
Le budget prévoit une exonération de 75 % de l'impôt sur le revenu et de la taxe sur le capital pour les PME manufacturières des régions ressources. Québec reconduit également son engagement d'investir 825 millions de dollars au cours des 5 prochaines années pour renforcer l'autonomie et la capacité des régions en matière de développement. À l'issue des négociations avec le PQ, la ministre Jérôme-Forget a décidé d'augmenter les crédits du ministère de l'Industrie et des Régions pour accroître la diversification économique des régions-ressources.
Action démocratique du Québec
Le chef de l'opposition, Mario Dumont, a martelé à plusieurs reprises qu'il jugeait les promesses de baisses d'impôt de près de 1 milliard de dollars inacceptables dans le contexte où « on a besoin de cet argent pour nos hôpitaux et nos écoles ».
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Luc Lavigne
Quelques jours avant le dépôt du budget, Gilles Taillon a affirmé que l'appui de l'ADQ dépendait du respect de quatre conditions:
Dans son budget, Québec prévoit maintenir l'équilibre budgétaire pour chacune des années de son mandat.
Le budget prévoit le versement dans le Fonds des générations d'une contribution additionnelle de 400 millions de dollars par année, en moyenne, au cours de la période 2010-2011 à 2025-2026. La ministre Monique Jérôme-Forget s'attend à ce qu'au 31 mars 2026, près de 42 milliards de dollars soient accumulés pour rembourser la dette. Ce montant devrait permettre, selon l'objectif du gouvernement, de ramener à 25 % du PIB le poids de la dette en 2025-2026. Elle représente actuellement 41 % du PIB annuel.
Québec s'est entendu avec le vérificateur général du Québec pour procéder à une réforme majeure de la comptabilité gouvernementale. Elle comprendra l'intégration des commissions scolaires, des cégeps et des hôpitaux au « périmètre comptable » du gouvernement et un élargissement du rôle du vérificateur général, qui sera mandaté pour vérifier les livres et les comptes des 6 plus importantes sociétés d'État.
Rien de précis à ce sujet n'est contenu dans le budget 2007-2008.