Budget du Québec 2007

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Mise à jour le mercredi 23 mai 2007 à 11 h 48
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Les attentes

Un texte de Nicolas Duguay

Les partis de l'opposition

Mario Dumont

Photo: Presse canadienne

Mario Dumont lors du débat des chefs

Le chef de l'opposition, Mario Dumont, a martelé à plusieurs reprises ces dernières semaines qu'il jugeait les promesses de baisses d'impôt de près de un milliard de dollars inacceptables dans le contexte où « on a besoin de cet argent pour nos hôpitaux et nos écoles ».

L'ADQ réclame d'ailleurs de la ministre des Finances qu'elle respecte un véritable équilibre budgétaire pour les deux prochains exercices financiers. En fait, Gilles Taillon, porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, estime qu'il faut que le gouvernement Charest remplisse trois conditions afin que l'ADQ appuie son budget.

M. Taillon insiste sur l'importance de la stabilisation des finances publiques, sur l'équilibre des budgets d'exploitation, rappelant l'impasse budgétaire prévue en 2008 par l'ancien ministre des Finances, Michel Audet. Il favorise une politique fiscale prévoyant des baisses d'impôt ciblées qui ne sont pas financées par des hausses parallèles de tarifs.

Même son de cloche du côté de l'opposition péquiste. Le Parti québécois a fermement dénoncé l'intention du gouvernement Charest d'aller de l'avant avec ses promesses de substantielles baisses d'impôt.

Le PQ propose à la ministre des Finances de consacrer plutôt les 700 millions de dollars reçus d'Ottawa à la santé, à l'éducation et au maintien des crédits d'impôt aux régions-ressources.

La droite économique

Michel Kelly-Gagnon

Photo: IEDM

Michel Kelly-Gagnon (Archives)

Les grands acteurs du lobby de la classe économique québécoise que sont le Conseil du patronat du Québec (CPQ) et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) s'affichent tous deux en faveur de la baisse des taxes.

Ainsi, la FCEI, qui représente les petites et moyennes entreprises, dit s'attendre à ce que la ministre Jérôme-Forget mette en oeuvre « une stratégie vigoureuse de remboursement de la dette ainsi qu'un allègement du fardeau fiscal ».

Pour sa part, le CPQ, dont l'ancien président, Gilles Taillon, scrutera attentivement le budget de son nouveau siège de député adéquiste, estime que Québec doit aller de l'avant avec sa promesse de réduire les impôts.

Le nouveau président du CPQ, Michel Kelly-Gagnon, estimait dans une lettre ouverte à La Presse, au début mai, à l'instar du premier ministre Charest, que les contribuables ont « droit à un répit ».

Le Conseil du patronat souhaite aussi que Québec tire profit de l'aide fédérale annoncée dans le plus récent budget Flaherty en procédant à l'abolition rapide de la taxe sur le capital.

La gauche sociale

Un slogan du Frapru: « Les millions du fédéral doivent servir à du NOUVEAU logement social

Un slogan du FRAPRU: « Les millions du fédéral doivent servir à du NOUVEAU logement social.

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) ne manque pas de rappeler à la ministre des Finances l'importance qu'il accorde au financement des logements sociaux. D'autant plus que cette année, selon ce que rapporte le FRAPRU, les investissements déjà consentis touchent à leur fin et que si de nouvelles sommes ne sont pas prévues par la ministre Jérôme-Forget, les projets additionnels de logements sociaux ne pourront voir le jour.

Dans le même ordre d'idée, le Réseau québécois des organismes sans but lucratif en habitation du Québec (RQOH) exige 12 millions de dollars pour financer des programmes de soutien communautaire en logement social à travers le Québec.

Et une quinzaine d'organismes membres de la Coalition pour la consolidation des services de garde et des services aux familles rappellent, eux, « l'urgence que le Québec se dote d'une véritable politique de conciliation famille-travail », avec des offres de soutien financier et technique suffisant.

Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec

Michèle Asselin, de la Fédération des femmes du Québec

La porte-parole de la Coalition et aussi présidente de la Fédération des femmes du Québec, Michèle Asselin, compte de plus rappeler au gouvernement Charest sa promesse électorale de créer 20 000 nouvelles places en garderies.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui dit représenter quelque 175 000 travailleurs, dont plus de 120 000 dans le seul secteur public, suggère à la ministre des Finances quelques possibilités pour utiliser les surplus de 700 millions de dollars remis à Québec par Ottawa.

La CSQ dit ainsi espérer l'injection de 433 millions de dollars supplémentaires dans le secteur de la santé et de 405 autres millions dans le réseau de l'éducation. Elle souhaite aussi 50 millions de dollars pour la formation de la main-d'oeuvre, 50 millions pour l'indexation des prestations d'aide sociale, 50 millions pour le financement d'un crédit d'impôt sur les laissez-passer de transports en commun et, finalement, 10 millions pour les bibliothèques publiques et le rétablissement du financement de Télé-Québec.

La grande centrale syndicale, consciente que ses souhaits dépassent de 300 millions de dollars l'enveloppe consentie par Ottawa, suggère à Québec de récupérer cette somme en abaissant le plafond de l'exemption d'impôt pour les revenus placés dans les régimes d'épargne-retraite (REER) de 19 000 $ à 10 000 $.

Les étudiants

Étudiants

Étudiants

Les principales associations étudiantes de la province promettent un automne chaud au gouvernement Charest si ce dernier va de l'avant avec sa promesse de procéder au dégel des droits de scolarité.

Pour ces associations, notamment celles des universités Laval et McGill, la ministre des Finances ferait une grave erreur en se servant du transfert de 700 millions d'Ottawa pour financer des baisses d'impôt alors que le réseau universitaire souffre de sous-financement chronique.

La plus grande association étudiante, la Fédération universitaire du Québec (FEUQ), préfère quant à elle attendre le dépôt du budget, jeudi, pour faire connaître sa position officielle.

Les régions

Le budget que Monique Jérôme-Forget déposera jeudi risque fort de faire bien des mécontents en région. En effet, la nouvelle ministre des Finances n'a pas caché son intention de revoir à la baisse le programme d'abattements fiscaux pour les entreprises qui s'installent dans les « régions-ressources ».

Si ce programme, en vertu duquel des entreprises créatrices d'emplois dans sept régions éloignées reçoivent de généreuses subventions, est très apprécié dans les régions-ressources, il suscite la grogne de plusieurs autres régions moins éloignées qui se disent victime d'une concurrence déloyale.

Ainsi, quoi qu'il fasse, Québec soulèvera sur ce point précis la grogne dans de nombreuses régions au lendemain du dépôt de son budget.

La culture

Lors de la campagne électorale, le Mouvement pour les arts et les lettres (MAL) a déploré le manque d'engagements en matière culturelle de la part des principaux partis. Le MAL souhaitait en mars que Québec utilise une partie de l'argent obtenu en vertu du déséquilibre fiscal pour annoncer des investissements précis en matière d'art, de lettres et de culture.

Le MAL revendique, entre autres, de faire passer de 68 à 90 millions de dollars le budget fixe du Conseil des arts et des lettres du Québec. Une somme qui donnera au CALQ, selon Stanley Péan, porte-parole du MAL, les moyens d'oeuvrer à la hauteur des exigences de sa mission et de répondre aux besoins minimaux du secteur. Le Mouvement pour les arts et les lettres représente les 14 000 artistes québécois professionnels, écrivains et travailleurs culturels.


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