L’affaire CINAR : Un « Caillou » dans l’engrenage de Téléfilm Canada

Mi-octobre 1999, la police de la CUM annonce qu’une firme montréalaise fait l'objet d'une enquête de la section des crimes économiques.

La firme, un producteur de cinéma, se servirait de prête-noms canadiens pour engager des scénaristes américains et toucher d’imposants crédits d’impôts servant à encourager la production nationale.

Pour obtenir des crédits d'impôt du gouvernement, un producteur doit être accrédité auprès du Bureau de la certification des produits audiovisuels canadiens (BCPAC).

Les sommes en jeu sont importantes: Le fédéral accorde 1,3 milliard en crédits d 'impôt pour la production cinématographique. Téléfilm Canada verse en outre 165 millions annuellement en se basant sur la certification du BCPAC.

L'affaire rebondit à la Chambre des communes alors que le député du Bloc québécois, Stéphane Bergeron, lance publiquement le nom de Cinar, un « success story » montréalais du cinéma d’animation.

Or, la maison Cinar, contribue régulièrement à la caisse du Parti libéral du Canada. La dirigeante de Cinar, Micheline Charest, a même présidé une soirée-bénéfice du PLC. L’affaire Cinar prend donc une connotation politique.

La ministre du Patrimoine, Sheila Copps contre-attaque et demande à la GRC d'enquêter.

Du côté de Québec, la ministre de la Culture, Agnès Maltais, demande un rapport de la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC). Le rapport conclue que de nombreuses pratiques répandues dans l'industrie de la production cinématographique et télévisuelle québécoise doivent être revues et méritent une vérification du ministère du Revenu.

Entre-temps la valeur des actions de Cinar chute de 21 % sur le Nasdaq et la ministre Copps annonce que des mécanismes de contrôle plus stricts devraient très bientôt encadrer la gestion des programmes d'aide fédérale à l'industrie audiovisuelle.

           
L'aide fédérale à l'industrie audiovisuelle sera resserrée Vendredi, 18 février 2000
par Marc Cassivi

Cinar pique du nez Mardi, 22 février 2000
par Sophie Cousineau

Cinar : les actionnaires contre-attaquent Jeudi, 9 mars 2000
par Marie-Claude Malboeuf et Charles Côté
           

Début mars, nouvelles révélations dans l’affaire Cinar : Plusieurs millions de dollars U.S. ont été passés sous le nez du Conseil d’administration de la compagnie.

Micheline Charest et son mari Ronald Weinberg, les deux principaux dirigeants de Cinar, démissionnent mais le tandem qui a fondé l’entreprise en demeurent les principaux actionnaires.

           
Les têtes tombent chez Cinar Mardi, 7 mars 2000
par Lisa Binsse
           
Pas seulement les crédits d’impôts, mais aussi les droits d’auteur et des millions introuvables…

Si le nom d’Erika Alexandre vous dit quelque chose, c’est peut-être que vous êtes familiers avec les génériques des émissions produites par Cinar. La sœur de Micheline Charest, Hélène Charest, utilise ce pseudonyme. Elle aurait touché près d'un million de dollars en droits pour une douzaine de séries d'émissions dont elle n’aurait pas écrit une ligne. Cinar veut bien régler la question avec la Société des auteurs et compositeurs dramatiques, mais l’affaire ne passera pas sous silence.

Et puis, la Commission des valeurs mobilières du Québec veut faire la lumière sur le rôle joué par les dirigeants de Cinar à la suite du trou de 122 millions U.S. découvert dans les états financiers de l'entreprise.

           
La Société des auteurs décriée Samedi, 11 mars 2000
par Marc Cassivi

La SACD confirme le remboursement de Cinar Mardi, 14 mars 2000
par Charles Côté

Des îles où cacher un trésor... Vendredi 24 mars 2000
par Charles Côté
           

En cinq ans, Téléfilm Canada aura versé presque 9 millions à Cinar. L’agence fédérale trouve maintenant qu’il est plus sage de suspendre ses transactions avec le producteur montréalais.

           
Cinar, un destin animé par les fonds publics Mercredi, 8 mars 2000
par Charles Côté

Téléfilm ferme le robinet à Cinar Vendredi, 17 mars 2000
par Charles Côté
        

En avril, la GRC confirme que Cinar utilisait bel et bien ces prête-noms.

           
La GRC confirme que Cinar utilisait des prête-noms Samedi, 15 avril 2000
           

Les séquelles : Des titres qui parlent d’eux-mêmes…

           
Une centaine de productions ciné et télé dans le collimateur de Revenu Québec Vendredi, 14 juillet 2000
par Martin Pelchat

Cinar ne vaut plus qu'une fraction de son ancienne valeur Samedi, 5 août 2000
par Charles Côté

Cinar vire ses fondateurs Vendredi, 18 août 2000
par Charles Côté et Sophie Cousineau

TVA International siphonne le talent de Cinar Vendredi, 10 novembre 2000
par Charles Côté


Fin décembre, on apprend que Cinar remboursera plusieurs millions au fisc, des sommes comprenant des crédits d'impôt déjà reçus et le paiement d'impôts impayés.

S'il s'agit là du dernier épisode du feuilleton Cinar pour l'an 2000, ce n'est sûrement pas le dernier acte de ce scandale boursier, fiscal et politique qui se poursuivra au cours de la prochaine année.

           
Le producteur de Caillou s'engage à rembourser 18 millions au fisc Mercredi, 20 décembre 2000


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