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LA CLOCHE DE VERRE

 
Adaptée (en fait un résumé) du roman La cloche de détresse de la poète et écrivaine américaine Sylvia Plath, La cloche de verre, présentée au théâtre de Quat'sous, s'avère le grand moment de théâtre auquel on s'attendait. L'interprétation exceptionnelle de Céline Bonnier, de même que l'adaptation et la mise en scène de Brigitte Heintjens, épousent avec maestria cette oeuvre sombre et intense, lucide et désespérée, de l'artiste suicidée à l'âge de 30 ans.

Une présence exceptionnelle
Seule sur scène pendant près de deux heures, méconnaissable,
Céline Bonnier EST Esther Greenwood, alter ego de l'écrivain dans ce roman autobiographique à peine déguisé, paru en 1963, et dans lequel elle reconstitue les événements -dépression, internement et électro-chocs- qui se sont produits en 1953.

Alors jeune boursière en stage à New-York, au seuil d'une carrière prometteuse mais doutant constamment d'elle-même et luttant pour ne pas mettre fin à ses jours, elle se révèle intense, passionnée et perfectionniste, prise entre le conformisme de son époque et son désir de vivre librement sa vie de femme et d'artiste. L'incarnation qu'en fait Céline Bonnier, sur un fil entre déséquilibre et parfait contrôle, est d'un magnétisme et d'une autorité tels qu'elle commande l'admiration.

Un roman transposé au scalpel
L'adaptation et la mise en scène du roman en solo théâtral sont eux-aussi d'une justesse infaillible. D'abord par le respect et le choix des moments-clés, mais surtout par la manière dont on a saisi et transposé sur scène l'essence de l'écriture, son esprit, son état d'esprit. Transcendant les cadres strictes du monologue ainsi établi par une mise en scène et une interprétation qu'on dirait faites au scalpel, l'ensemble est d'une acuité et d'une intensité profondes, à l'image de l'oeuvre de Sylvia Plath.



Josée Chaboillez est chroniqueuse à l'émission DÉSAUTELS. Vous pouvez l'entendre tous les vendredis après-midi entre 15 h 30 et 16 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.
 

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