LE FNC CONTINUE, UN COEUR ARRÊTE DE BATTRE
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LE FNC CONTINUE, UN COEUR ARRÊTE DE BATTRE 

Le Festival du nouveau cinéma prendra fin dimanche soir. D'ici là, en attendant bilan et remise de prix, le menu, auquel se sont ajoutées quelques supplémentaires, est très chargé.

Le veuvage des femmes
Le Festival propose notamment plusieurs films canadiens. Parmi eux, Water, de la cinéaste Deepa Metha qui boucle sa trilogie indienne des éléments. Après la terre et le feu, elle construit un film autour de l'eau. Pluie bienfaitrice, eau purificatrice, cours d'eau qui établit une barrière entre deux mondes, le lien thématique s'exprime de diverses façons. Mais l'essentiel se trouve ailleurs, puisque le film aborde un sujet délicat, spécifiquement indien, le veuvage des femmes. Tout juste âgée de sept ans, le personnage principal perd son mari. Aussi oblige-t-on cette enfant à vivre en retrait de la société, parmi les veuves. Un film émouvant, classique et chargé d'espoir. Depuis, la tradition a évolué.

Le couple en crise
Comme bien des acteurs, John Turturro passe derrière la caméra. Plutôt maladroitement il faut bien le dire. Romance and Cigarettes est consacré au couple. Celui qui s'use et se défait. Celui qui bat de l'aile lorsqu'un homme marié prend maîtresse. À la manière d'un Alain Resnais, il ponctue son histoire de chansons. Des airs connus, ceux de Tom Jones ou de Engelbert Humperdick, sur des chorégraphies qui rappellent les classiques de la comédie musicale. Tantôt on entend les interprètes d'origine, tantôt les acteurs. Susan Sarandon, James Gandolfini, Kate Winslet, Steve Buscemi, Christopher Walken. Qu'importe, puisque le film, pauvrement scénarisé, se perd dans bien de directions. Beaucoup de voile, pas de gouvernail.

À la frontière des genres
Le festival fait une large place aux films à la frontière des genres. C'est le cas de deux films québécois repris cette fin de semaine. Dans Petit Pow! Pow! Noël Robert Morin atteint des sommets d'impudeur. Le cinéaste a convaincu son père, à l'agonie, de participer à une fiction. Dans cette histoire racontée au je, symbolisée par la caméra subjective, un fils rend visite à son père à l'hôpital, bien décidé à mettre fin à ses jours. Pure fiction, certes, mais le père et le fils, eux, sont bien réels, ce qui place le spectateur en position de voyeur. Confronté à l'intimité d'un vieil homme et à un règlement de comptes tout juste transposé. Le résultat est à la fois dérangeant et fascinant. Mathiew Klinck signe pour sa part un faux documentaire, Greg and Gentillon, primé à Calgary. Deux humoristes de l'Outaouais tentent une improbable percée à Toronto, dans un anglais parfois approximatif. On se laisse prendre au jeu quelques minutes, puis on subit la dérive de ce duo, croisement raté de Ding et Dong et des Denis Drolet. Des humoristes rarement drôles et de moins en moins d'accord. Y avait-il là matière à faire un long métrage? On peut en douter.

Histoire embrouillée d'une impasse
Le plus récent film de Abel Ferrara, Mary, divisera lui aussi le public. Un cinéaste américain y tourne une vie de Jésus reçue dans la controverse. L'interprète de Marie-Madeleine vit pour sa part une expérience mystique au lendemain du tournage. Un animateur télé, spécialisé dans les sujets religieux, traverse lui-même une crise au moment de devenir papa. Entre la place qu'il fait à des éléments documentaires, les diverses pistes qu'il ne parvient pas à fouiller de manière satisfaisante et une dynamique qui donne l'impression qu'il espère lui aussi faire scandale, Ferrara brouille les pistes. Et s'enfonce dans une impasse. À quoi bon tout cela?

De battre mon coeur s'est arrêté
En clôture le Festival propose un film français, De battre mon coeur s'est arrêté de Jacques Audiard. Le film met en vedette Romain Duris qui, décidément, est de toutes les grandes occasions cet automne à Montréal. Les poupées russes a ouvert le Festival international de films de Montréal. Maintenant, l'acteur est associé à un événement que l'interminable saga des festivals montréalais aura, finalement, bien servi. De battre mon coeur s'est arrêté rappelle L'audition. Un dur y explore son âme d'artiste. Le film, une adaptation de Fingers de James Toback, parle aussi, et très bien, du monde des hommes. Il sort en salles aussitôt après le Festival. Comme d'ailleurs plusieurs autres films.

Michel Coulombe


 

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