 |
 |
 |

1 étoile = nul | 2 étoiles = moyen | 3 étoiles = bon | 4 étoiles = très bon | 5 étoiles = excellent |
 |  | | PROOF, AVEC GWYNETH PALTROW |
|
 |
Est-il possible au cinéma de se passionner pour un quelconque enjeu mathématique? Qui veut savoir si celle-ci ou celui-là est bien l'auteur d'une preuve qui concerne les nombres premiers? Et pourtant... La preuve, cette pièce de David Auburn. Proof, a remporté le prix Pulitzer. John Madden (Shakespeare in Love) l'adapté pour le cinéma.
Le cahier mystère Tout se passe autour d'un enterrement. Celui d'un mathématicien de génie qui a sombré dans la folie. Il laisse dans le deuil deux filles aussi différentes qu'il est possible de l'être. Et derrière lui une bonne centaine de cahiers couverts de notes qui témoignent de son incohérence. L'un d'entre eux toutefois suscite davantage d'intérêt. De qui est-il?
La folie et l'imaginaire L'oeuvre théâtrale de Auburn, dont on a respecté la structure, est une matière riche. Des dialogues de qualité supérieure. Des personnages qui vont au-delà de la simple silhouette. De véritables enjeux. L'émotion est à fleur de peau et le spectateur, aux aguets. Rien n'est sûr. La vérité met donc du temps à faire surface alors que le récit va et vient du présent au passé. Du réel au monde imaginaire. Car la folie occupe une place déterminante dans cette histoire. Comment l'identifier avec certitude?
Gwyneth, sensible et fragile Le film est fait d'une succession de duos, pas de deux finement dialogués nourris par la méfiance, la paranoïa, le soupçon. Catherine, qui finira par admettre « Je crois que je suis comme mon père », est de toutes les scènes. Aussi ce film appartient-il entièrement à son interprète, Gwyneth Paltrow. Fébrile, fragile, sensible. Mais pas vraiment à deux doigts de la folie. Ses meilleures scènes sont celles qu'elle partage avec l'impeccable Anthony Hopkins. La réalisation se fait discrète, au service des acteurs et des dialogues. Tout au plus le réalisateur a-t-il choisi de briser le huis clos théâtral. Il ouvre le récit sur le cimetière, l'université ou la vie urbaine. Le plus souvent sans artifice.
Du vrai, la preuve! Proof n'est évidemment pas un film sur les mathématiques. La preuve que l'on cherche à y faire trouverait beaucoup plus sa place sur le divan d'un psy qu'au sein d'un groupe de chercheurs. Il ne s'agit pas d'un objet cinématographique surprenant, ni d'un film populaire. De plus, le film ne fera pas oublier la pièce. Qu'importe, puisqu'on trouve là beaucoup plus à se mettre sous la dent que dans le flot courant, adolescent ou belliqueux, de la production américaine. De l'émotion.
Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission SAMEDI ET RIEN D'AUTRE, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

LISEZ TOUTES LES CRITIQUES DE LA RUBRIQUE CINÉMA >>> |
Radio-Canada n'est aucunement responsable du contenu des sites externes en hyperlien.
 |
 |


 |
 |
 |
 |