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1 étoile = nul | 2 étoiles = moyen | 3 étoiles = bon | 4 étoiles = très bon | 5 étoiles = excellent |
 |  | | L'AUDITION |
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On vient de tous les métiers aujourd'hui au Québec pour réaliser des films. Effet pervers de l'indéniable popularité du cinéma québécois. C'est dans ce contexte que Luc Picard lance son premier long métrage. Réalisateur, scénariste et interprète principal de L'audition, il y a mis deux sujets qui le préoccupent: le jeu d'acteur et la paternité. Ces choses importantes que l'on ne sait pas toujours partager avec celui ou celle qu'on aime.
Tourner le dos à la violence
Au coeur de ce film, un couple et deux secrets. Elle est enceinte, ce qu'elle hésite à lui annoncer. Lui songe sérieusement à délaisser la violence et l'intimidation dont il a fait son métier pour devenir comédien. Pas besoin de faire un grand détour pour comprendre que Picard transpose dans son personnage, ce quadragénaire qui tente l'aventure du jeu d'acteur, le risque qu'il prend lui-même en devenant réalisateur. Effet miroir évident.
Jeu inégal
Le film s'articule autour d'une audition. Le talent qu'y investit un acteur réputé. Le regard capricieux d'un réalisateur. Le rêve d'un néophyte. L'apprentissage impatient du métier. L'émotion, le rapport au réel, la notoriété. Jusqu'à ce que se brouillent les pistes entre le jeu et la réalité. Jusqu'à ce que le personnage interprété par Picard, maladroit, devienne l'acteur que l'on connaît. Curieusement dans ce film où il est largement question du travail d'acteur et de la justesse d'émotion, le niveau de jeu est très inégal.
Dispersé dans le trivial
Mais le principal problème de ce film ne réside pas là. Comme souvent dans les premiers films, Picard veut tout dire, tout montrer. Resserré autour des enjeux principaux, son film gagnerait beaucoup en force dramatique. Il se disperse dans le sordide, le trivial, le secondaire, gêné par une évidente incapacité à faire des choix, ce qui est très net à la toute fin. Le chemin qui conduit à l'émotion recherchée par le réalisateur est alors particulièrement laborieux. Ce qui est dommage car Picard sait boucler son histoire.
Ode à l'enfance
Dans ce portrait d'un couple moderne sur fond de crise masculine de la quarantaine, on retiendra la musique de Daniel Bélanger, un net attachement aux enfants, ceux qu'on abandonne, qu'on attend, qu'on ne peut avoir et qu'on tue aussi, et puis, contrepoint émouvant de la nature urbaine du film, l'image qui ouvre le film. On avance dans la forêt conduit par la seule voix d'un homme. Évocatrice. Si on l'écoute bien, si on sait l'écouter, tout peut alors arriver... Y compris le cinéma.
Michel Coulombe est chroniqueur à l'émission SAMEDI ET RIEN D'AUTRE, diffusée tous les samedis matin, de 7 h à 11 h, à la Première Chaîne de Radio-Canada.

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